Bluetran's Blog in Vietnam

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mardi 22 mai 2012

Con Dao: le paradis sur terre et sous la mer...

Con Dao Sun Rise
Heureusement qu'à Con Dao il n'y a pas que le bagne et les cages à tigres. Il y a quelques mois, un magasine finlandais titrait dans un de ses articles "Con Dao, maudite et belle" (merci Google translate!).
Con Dao beach judo
C'est effectivement le sentiment qui me reste après ce court séjour. Son histoire tragique ne doit pas occulter la beauté des paysages, la blancheur de ses plages désertes, la végétation luxuriante de sa forêt tropicale et l'extraordinaire richesse de ses fonds sous-marins.
Con Dao island
Les bagnards qui y furent internés depuis le 19ème siècle avaient-ils le même sentiment lorsqu'ils contemplaient ces paysages lors des quelques sorties pour les travaux forcés?
Probablement pas, si on en juge par cette stèle qui commémore la tentative d'évasion par radeau d'un groupe de bagnards...


Aujourd'hui, les autorités semblent vouloir tourner la page de son histoire et en faire une nouvelle destination touristique. Ce n'est encore que le début mais déjà les projets hôteliers de luxe commencent à fleurir.
Con Dao Sun Rise
Angelina Jolie et Brad Pitt ne s'y sont pas trompés, eux qui viennent d'y passer plusieurs jours dans l'un des plus luxueux Resorts que comptent le pays. L'émission Kho Lanta y avait également tourné une de ses "saisons" en 2010. Excellente opération de publicité pour cette nouvelle destination encore relativement préservée.

Con Dao DivingMais attention, ne tardez pas trop avant d'y aller. Dans quelques années il sera peut-être trop tard. En attendant, on peut encore profiter des plongées dans une eau turquoise, à la recherche des tortues de mer géantes qui viennent ici pour pondre au mois de juin. Larry (le boss du "dive, dive, dive Con Dao" club) aurait-il mis du protoxyde d'azote dans nos bouteilles? Après tout "hilare" n'est que Larry en verlan...

Merci à Ashley pour sa contribution photographique à ce billet

Con Dao, Maudite et Belle, pour ceux qui veulent se mettre au Finois: Con Dao Kirotun Kaunis

Pour Hélène et Sergio, le website du club de plongée de Con Dao: http://www.dive-condao.com/

mercredi 9 mai 2012

Poulo Condor: l'enfer sur terre

Bagne Poulo Condor
A bien y réfléchir depuis que j'arpente la planète, je dois éprouver une sorte de fascination pour les établissements pénitenciers. Cela a commencer avec mon séjour à Cayenne en l'an 2000. Depuis la visite de l'île du diable, du bagne de Saint Laurent du Marroni et du bagne de Crique Anguille (alias "Bagne des Annamites"), il y a eu Tuol Sleng, le lycée prison des Khmers rouges à Phnom Penh puis le pénitencier de Port Arthur en Tasmanie. Partout la même émotion qui vous prend lorsque vous poussez la porte d'une de ces cellules.
Bagne Poulo Condor
Mais la visite du bagne de Poulo Condor avait pour moi une signification particulière. D'abord par le souvenir de ce nom qui m'évoquait déjà un lieu mythique lorsque j'étais enfant. Puis par le fait qu'un membre de ma famille y séjourna à plusieurs reprises au cours de la première moitié des années 70. Elle voulait faire le voyage avec moi mais ce ne fut finalement pas possible. C'est donc avec Nghia -un habitué de ce blog- que je m'y suis rendu dimanche dernier.
Bagne Poulo Condor
Il faut d'abord préciser qu'il existe plusieurs bagnes sur l'île de Con Dao. Le premier date de 1862 et est l'oeuvre des colons français arrivés seulement un an avant. Ce détail montre bien la volonté de l'administration coloniale de faire de Con Dao un centre pénitencier dès le tout début de son implantation sur l'île. D'ailleurs il est frappant de constater que le bagne se situe en plein coeur de la ville. En moins que ce ne soit la ville qui s'est construite autour du bagne. Au début des années 50, sans doute devenu trop exigu, un deuxième pénitencier voit le jour à peine 1Km plus loin.
Cages à tigre
C'est là que se trouvent les fameuses cages à tigres dont je vous ai déjà parlé. Construit par l'administration française, il sera réutilisé quelques années plus tard par l'administration du Sud Vietnam jusqu'en 1970. La découverte des cages à tigres par des membres du sénat américain obligera les autorités de l'époque à fermer le centre, mais pour en ouvrir un troisième, à l'abri des regards à un peu plus d'1 Km de là...
Bagne Poulo Condor
Ce qui frappe le plus lorsqu'on entre à Poulo Condor, c'est le calme du lieu qui pourrait presque faire penser à une école désaffectée: mur d'enceinte, porche d'entrée, grande cour centrale pavée avec de grands arbres, abris genre préau avec réfectoire, bâtiments périphériques ocres avec toiture élégante en tuiles.
Bagne Poulo Condor
Un détail pourtant semble indiquer qu'il ne s'agit pas d'une école: la petite taille des fenêtres aux murs, situées en hauteur et pourvues de barreaux et de barbelés. Lorsqu'on pousse l'une des lourdes portes, on comprend tout de suite ce pour quoi ces bâtiments de style colonial ont été conçus.
Bagne Poulo CondorIl y a d'abord ces vastes salles communes où étaient détenus les premiers bagnards. Les plus chanceux pouvaient se déplacer "librement" à l'intérieur, tandis que les autres, considérés comme "dangereux" étaient immobilisés les fers aux pieds. Il s'agissait en fait de grosses manilles en fer forgé dans lesquelles on bloquait la cheville des détenus. Le tout étant fixé à une longue barre métallique allant d'un bout à l'autre de la pièce, permettant d'immoboliser en même temps plus d'une dizaine d'hommes. On imagine les conditions d'hygiène et on comprend mieux pourquois il y eu un taux de mortalité si important.

Bagne Poulo CondorMais ce que n'avaient pas prévu l'administration pénitencière, c'est que le bagne de Poulo-Condor, sensé isoler les éléments subversifs, notamment les nationalistes, allait vite devenir une pépinière pour ce courant politique naissant. C'est ainsi qu'on retrouvera plus tard nombre de grandes figures du parti communiste vietnamien comme Lê Duc Tho ou Pham Van Dong comptant parmis les anciens détenus de Poulo-Condor. Ho Chi Minh, lui, aura eu plus de chance, puisque, à l'exception d'un séjour dans les prisons britanniques de Hong Kong au début des années 30, il ne sera jamais captuté par les français...

Cages à tigre
A 1 Km du premier bagne, le deuxième centre pénitencier offre une vision encore plus émouvante. Construit en 1940, il comprend en particulier les fameuses "cages à tigres".
Cages à tigreDivisé en 2 quartiers de 60 cellules d'à peine 4m2, celles-ci étaient surmontées d'une grille permettant aux geoliers de surveiller en permanence les détenus enfermés à 2 ou 3 dans ces cachots minuscules. Un chemin de ronde surmontait l'ensemble. En cas de rébellion, les gardiens pouvaient asperger les détenus de chaux. Un petit détail montre avec quel soin l'architecte avait conçu ces cellules: l'absence d'angle droit de part et d'autre de la porte pour éviter les angles morts lorsque les gardiens venaient distribuer la nourriture ou vider les caisses d'aisance...



Vétéran Con DaoIl est curieux d'apprendre que certains prisonniers, une fois libérés en 1975, préférèrent rester sur l'île. C'est le cas de cet homme qui devint directeur du musée du bagne après y avoir été séquestré pendant 5 années. Aujourd'hui retraité, il tient une petite gargote à deux pas de celui-ci. Il paraît que d'anciens gardiens se sont également définitivement installés sur Con Dao, ne parvenant pas, eux non plus, à tourner la page. Anciens gardiens et détenus se retrouvent-ils parfois autour d'une table dans son café?

Pour en savoir plus, réécoutez l'interview d'Anna Moi qui revient sur les conditions de détention des femmes à Poulo Condor. (billet du 4 mars dernier)

samedi 28 avril 2012

Poulo Condor: Sous ces grilles, des hommes en cage

Con Dao island
Dans une semaine je foulerai pour la première fois le sol de l'île de Con Dao. Ce sera pour moi un moment particulier au cours de ce séjour de bientôt 3 années passées ici au Vietnam. C'est aujourd'hui une destination touristique très prisée avec des plages de sable fin, une eau turquoise et une végétation luxuriante. Angelina Jolie et Brad Pitt y ont même séjourné récemment lors d'un voyage au pays de leur enfant adoptif. Mais le nom de Con Dao n'a pas toujours été associé à cette image de paradis terrestre. Si ce nom ne vous évoque rien, peut-être que celui de Poulo-Condor ravivera d'avantage de souvenirs.

Vietnam & Con Dao MapCet archipel situé à 250Km au sud-est de Saigon a en effet porté plusieurs nom depuis sa découverte par Marco Polo en 1294. Le nom de Poulo Condor dérive du malais "Pu Lao Kundur" qui signifie "l'île aux courges". Les français tentent de s'y installer une première fois en 1686, mais ce sont les anglais qui en 1702 y établissent un entrepôt de marchandises entre l'Europe et la Chine. Mais trois années plus tard, ces derniers se retirent après y avoir perdu une bonne partie de leur garnison massacrée par leurs propres soldats malais. Il faut ensuite attendre le traité de Versailles de 1783 signé entre la France, l'Angleterre et l'Espagne, pour que Poulo Condor tombe officiellement dans le giron de la France (Pour la petite histoire, c'est également ce traité qui ratifia l'autorité de la France sur la Martinique, la Guadeloupe et quelques comptoirs en Inde) . A cette période, le roi Gia Long, renversé par la révolte dite des Tay Son vint plusieurs fois se réfugier dans l'archipel avant de retrouver son trône aidé par les "mandarins bretons" Jean-Baptiste Chaigneau et Philippe Vannier (relire à ce sujet le billet du 7 septembre 2011).

Con Dao MapC'est apartir du XIXème siècle que l'île de Poulo Condor va devenir tristement célèbre. Les autorités françaises -qui entre temps ont colonisé l'Indochine- y installent un établissement pénitentiaire. Le premier convoi de prisonniers annamites y arrive en 1862 et inaugure une longue tradition qui se perpétuera au siècle suivant lors des différents conflits qui vont se succéder. Bagne Poulo CondorIl faut rappeler qu'à cette époque les Bagnes fleurissent un peu partout dans les colonies. Tantôt destinés à y interner les opposants politiques à "l'oeuvre civilisatrice" du colonisateur (Poulo Condor), tantôt destinés à y éloigner de la mère patrie, toutes celles et ceux considérés comme nuisibles (Bagne de Nouvelle Calédonie, de Guyane).
Les conditions de vie au Bagne de Poulo Condor étaient particulièrement rudes. En 1898, un rapport fait état d'un taux de mortalité de 70% du au Béri Béri. Plusieurs insurrections jalonnent l'histoire du bagne au début du XXème siècle.

Bagne des AnnamitesAu debut des annees 30, les autorités s'en inquiètent et décident le transfert d'une partie des détenus de Poulo Condor vers la Guyane! Ce sont eux qui seront envoyés en pleine forêt amazonienne au Bagne dit "des Annamites" au camp de "Crique Anguille". Des son ouverture en septembre 1931, le camp hebergera 395 indochinois. Ceux qui auront survécu au voyage par bateau succomberont à la fièvre jaune et au paludisme sans jamais revoir leur patrie. A la fermeture du bagne en 1945, les survivants s'installeront pour la plupart au quartier "Chinois" de Cayenne. Une minorite d'entre eux seront finalement rapatries au Vietnam en 1954.Bagne des AnnamitesIl ne reste malheureusement pas grand chose du Bagne des Annamites, aujourd'hui envahi par la forêt tropicale. J'ai eu la chance de le visiter lors d'un séjour en Guyane en mai 2000. Après une marche d'une heure dans la forêt, le chemin aboutissait sur une clairière où subsistait une rangée de cachots en béton, d'à peine 2 mètres carrés de surface et dont le plafond était en fait une grille métallique. A l'époque, j'avais ressenti une vive émotion à la vue de ces vestiges en pensant à ces hommes venus de si loin pour finir oubliés de tous dans cet enfer vert. S'ils ont eu une sépulture, il n'en reste plus rien sur le site de Crique Anguille.
Pour en savoir plus, lisez cet article paru en 2011 dans le journal France-Guyane: http://www.franceguyane.fr/regions/...


Vo Thi SauDes figures illustres de l'indépendance du Vietnam ont séjourné à Poulo Condor. Citons Pham Van Dong, le futur premier Président du Vietnam réunifié qui y fut interné de 1929 à 1936, Lê Duân, Lê Duc Tho (qui refusera le prix Nobel de la paix en 1973). Plusieurs révolutionnaires reposent aujourd'hui au cimetière de Con Dao-Poulo Condor, dont la célèbre Vo Thi Sau, fusillée par l'administration coloniale française le 23 janvier 1952, à l'âge de 19 ans (après avoir assassiné deux compatriotes collaborateurs). Figure emblématique de la résistance au colonisateur, elle est aujourd'hui l'objet d'un véritable culte de la part des vietnamiens.

Poulo Condor Paris Match

Poulo Condor Paris MatchLa fin de la colonisation ne va malheureusement pas signer la fermeture du pénitencier qui reprendra du service lors de la guerre du Vietnam. C'est à cette occasion que j'ai entendu parler de Poulo Condor pour la première fois. Je me rappelai de coupures de journaux de Paris Match découpées par mon père dans les années 70, où on pouvait y voir des hommes et des femmes en cage.


Lors d'un récent séjour dans la maison familiale, j'ai retrouvé ce numéro de Paris Match du 27 juillet 1970 qui faisait sa une sur la mort de Luis Mariano! En page 12, l'évènement de la semaine portait ce titre: "Sous ces grilles, des hommes en cage". Je reproduis ici l'intégralité du reportage de Match.
Poulo Condor Paris MatchPoulo Condor Paris MatchPoulo Condor Life Magazine
Quelques semaines plus tôt, le magazine américain "Life" publiait les photos des "cages à tigre" prises par Tom Harkin, accompagnant une commission du Sénat américain, venue inspecter les conditions de détention sur Con Dao.
Poulo Condor Paris MatchLa petite délégation, alertée par une rumeur sur la présence des fameux cachots, avait réussi à s'écarter de la visite guidée du pénitencier pour pénétrer le bâtiment où étaient enfermés les opposants politiques au régime du Sud Vietnam (cet épisode est aussi relaté dans le roman "Riz noir" d'Anna Moi, dont je vous ai déjà parlé le 4 mars 2012).
Poulo Condor Paris Match
Leur témoignage ainsi que les fameuses photos de Harkin feront le tour du monde et contribueront au retournement de l'opinion publique américaine sur la guerre du Vietnam.
On peut faire un parallèle aujourd'hui avec la prison d'Abou Ghraib en Irak, qui fut l'objet d'un scandale en 2004 lorsque l'opinion publique découvrit les photos de prisonniers irakiens humiliés par des soldats américains. Décidément l'histoire se répète. Combien de Poulo Condor et d'Abou Ghraib existe-t-il de part le monde?

Source bibliographique: La terre du Dragon (tome 1) de Xavier Guillaume, pp 95-98, Edition Publibook

mercredi 25 avril 2012

Résultats du premier tour au Vietnam!

Vote premier tour à HCM
Voici le résultat du vote du bureau de Saigon. Sur les 2895 inscrits, seuls 1208 avaient fait le déplacement (42%). L'éloignement de la métropole explique sans doute ce désintérêt pour les affaires de la mère patrie. En ce qui concerne les résultats, l'extrême droite ne fait pas la percée enregistrée en France, ce qui bénéficie à Sarkozi, largement en tête avec 39% des voies.

Vote premier tour à Hanoi
En ce qui concerne Hanoi, il est curieux de constater que la tendance est quasiment inversée entre les deux prétendants à la fonction suprême. Hollande passe largement devant Sarko et Mélenchon devance Le Pen. Est-ce l'influence de l'Oncle Ho qui entraine cette tendance? J'attends vos commentaires avisés.

Qui de Hanoi ou de Saigon remportera le deuxième tour? A vos pronostiques.

dimanche 22 avril 2012

Mon premier vote d'expatrié


Voilà, c'est fait. Comme près de 4300 français expatriés au Vietnam, j'étais convié, en ce dimanche 22 avril, à glissé mon bulletin dans l'une des urnes installées à l'ambassade à Hanoi ou au Consulat à Ho Chi Minh. Je me suis donc présenté au Consulat de France cet après midi, à l'heure où les bureaux de la métropoles venaient à peine d'ouvrir.

Premier tourSi l'on fait abstraction de la chaleur (35° à l'ombre) et de la végétation luxuriante de la propriété consulaire, ce bureau de vote ressemble à s'y méprendre à n'importe quel bureau en métropole avec ses affiches des 10 candidats à la Présidence, alignées dans la cour d'entrée et ses assesseurs alignés en rang d'oignons.


Le vote de la communauté expatriée, s'il ne représente pas grand chose au Vietnam (à peine 4300 inscrits), regroupe en tout près d'1 million 200.000 personnes de part le monde. On comprend pourquoi nous sommes assaillis par une multitude de mails des principaux candidats depuis quelques semaines, ventant les mérites de cette petite communauté qui représente "l'honneur et la gloire" de la France de part le monde. Pourtant, l'un des candidats avait déclaré vouloir faire la chasse aux évadés fiscaux -ce qui avait entrainé un certain émois au sein de la dite communauté- avant de préciser qu'il ne visait nullement ces français de l'étranger...


A votéPour les petits curieux, voici le bulletin que j'ai mis dans l'urne (excusez du flou causé par l'émotion et un cadrage foireux dans l'isoloir).

Au fait, même si l'expression ne doit pas servir tous les jours, savez-vous comment se dit "a voté" en Vietnamien. Ca c'est une colle pour Nghia! La suite dans deux semaines...

jeudi 5 avril 2012

Heo blues, Heo hắt

Héo
Après le blues Vietnamo-Malien, voici le blues du cochon (heo en vietnamien). C'était à Tan Chau, au petit matin en bordure de Mékong. Les trois petits cochons avaient déjà pris place, non sans mal, à bord de la carriole, mais le quatrième faisait de la résistance. Sans doute l'instinct de survie avant d'aller à l'abattoir. Cela m'a tout de suite rappelé de lointain souvenir de concours du meilleur cri du cochon avec quelques potes du centre nautique de Lesconil.


Petite curiosité linguistique: en Vietnamien, cochon se dit donc "heo", alors que "heo hắt" signifie "triste" et "heo hút" veut dire "solitaire". Comme si les Cochons Vietnamiens avaient le blues. A voir leurs conditions de vie, on comprend que ce ne soit pas rose tous les jours.

Xe Loi Héo

En attendant de revenir vous parler de Con Dao et de son bagne, Bluetran's blog nghí một chút. Ngày mai toî về ₫en Pháp ₫ể thăm gia ₫ình.
Hẹn gặp lại các anh chi!

mercredi 21 mars 2012

Blues Vietnamien au fin fond du delta

Croisière Mékong
On connaissait déjà le blues Malien avec son fer de lance, le regretté Ali Farka Touré. Le célèbre guitariste de Niafounké, disparu il y a tout juste 6 ans, n'aurait sans doute pas renié la musique de cet autre musicien anonyme, perdu au milieu du delta du Mékong. Il faut en effet remonter un de ces dizaines d'arroyos de la province d'Anh Giang à bord d'un bateau au nom prédestiné, avant d'arriver à ce restaurant sur pilotis, perdu au milieu d'une lagune.
Croisière MékongCroisière MékongCroisière MékongCroisière Mékong
C'est là, dans une "maison bleue", coincé entre un lavabo et une sono un peu poussive, que ce guitariste avait été invité à se produire pour animer un repas de famille. Personne ne prêtait vraiment attention à lui, pourtant ces quelques notes un peu nasillardes m'ont tout de suite rappelé la musique du Bluesman Malien, réincarné le temps d'un repas.


C'est aujourd'hui le 21 mars, jour du printemps et "3ème" et dernier jour de l'an à fêter. Bonne année "Norouz" à tous les Iraniennes et Iraniens lecteurs de ce blog.

lundi 12 mars 2012

Marais salants de Cần Giờ, il n'y a pas qu'à Guérande...

Marais salant à Can gio
Inutile de multiplier les kilomètres pour changer d'air. A seulement 70Km au sud-est de Saïgon, la péninsule de Cần Giờ offre un dépaysement total. Je vous y avais déjà emmené il y a quelques mois pour visiter cette région marécageuse, jadis dévastée par les défoliants durant la guerre dite "du Vietnam". Depuis la fin de la guerre, un vaste de programme de réhabilitation a permis de reconstituer une végétation faite exclusivement de plantes aquatiques dont plusieurs variétés de palétuviers. Devenu parc naturel, la région est devenu un exemple en matière de conservation d'écho-système. Elle a même été classée "Réserve biosphère" par l'Unesco.
Vers Can GioVers Can Gio
Passé le bac à Nhà Bè on emprunte une longue ligne droite qui traverse la zone de part en part. A peine une heure de moto plus tard, après avoir traversé cette forêt dense et enjambé quelques 7 ponts, les palétuviers laissent place à un paysage plus aride, balayé par un vent chaud. Au bout de la route, juste avant le village côtier de Cần Giờ, on pourrait presque se croire à Guérande. De part et d'autre, des étendues planes de marais salants où s'activent quelques paludiers.

Marais salant à Can gioMarais salant à Can gioMarais salant à Can gioMarais salant à Can gio
Je gare ma moto sur le bas côté et commence à avancer sur les diguettes en terre qui quadrillent l'étendue des marais. Elles divisent la surface en des dizaines de petits bassins qui viennent "piéger" l'eau de mer avant qu'elle ne s'évapore pour ne laisser qu'une fine croute de sel. Ici et là j'aperçois des hommes en train de pédaler, assis sur de petits tabourets.
Marais salant à Can gio
En m'approchant, je remarque qu'il s'agit en réalité de roues à aubes en bois, servant à acheminer l'eau des canaux dans les bassins. Grâce à ce système, l'eau peut ainsi pénétrer les bassins même lors des "petites" marées.
Marais salant à Can gioMarais salant à Can gio
En arrière plan, des femmes passent inlassablement de gros rouleaux pour aplanir la surface des bassins. Un peu plus loin, des hommes mettent en sac le précieux NaCl qui sera acheminé par camion vers les usines de conditionnement.

dimanche 4 mars 2012

Rencontre avec Anna Moi à la librairie française

Riz Noir Anna MoiIl y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de faire une double rencontre assez rare: celle d'un livre et de son auteur. Le livre s'intitule "Riz noir". Paru en 2004, ce premier roman, je l'avais tout de suite acheté au "chant des livres" à Plougastel. Cela correspondait à l'époque avec mon premier séjour comme médecin au FVHospital qui s'appelait alors Hôpital Franco-Vietnamien. En fait, après la lecture des premiers chapitres j'avais été déconcerté par la construction de l'histoire dont j'avais du mal à suivre le fil.

Riz Noir Anna MoiMais la rencontre d'Anna Moi à l'occasion d'une "causerie" à la librairie française de Saïgon, a changé ma vision du livre et m'a surtout donné envie de le relire et de me plonger dans cette période de l'histoire tourmentée de ce pays. J'ai donc effectué mes recherches "historiques" en parallèle avec la lecture du roman, en avançant à la même vitesse que l'histoire racontée par Anna Moi. Bien sûr il y a internet et l'immensité quasi galactique des informations accessibles même ici au Vietnam.
Mais il y a mieux que cela: les archives personnelles du paternel! Bien rangées au fond d'un placard, des dizaines de coupures de journaux allant du Monde à l'Humanité en passant par l'Express et Paris Match. On y trouve en particulier le numéro 1107 de Paris Match daté de juillet 1970, qui consacre sa rubrique "L'évènement" au bagne de Poulo Condor. J'aurais l'occasion d'y revenir plus tard car la visite de cet îlot rebaptisé "Con Dao" est déjà programmée pour le mois de mai.

Mme NhuEn attendant, revenons à Riz Noir et aux échos qui résonnent dans mon esprit à la lecture de ce livre: 1955, fin de la présence française et partition du Vietnam en deux de part et d'autre du 17ème parallèle selon les accords de Genève. C'est l'avènement du Président Ngô Dinh Diem au Sud Vietnam, tandis que Hô Chi Minh s'installe à Hanoi, capitale du Nord Vietnam. Mme Nhu, la "Dragon Lady", belle soeur du président et "première dame" de l'état, multiplie les déclarations fracassantes. Le "clan Nhu", issu d'une famille catholique de Hué, va progressivement s'attirer l'hostilité de la majorité bouddhiste et perdre le soutient du gouvernement américain.

Immolation d'un bonze L'année 1963 marque un tournant. Un jour de juin, un bonze venu du Hué en voiture s'immole sur un carrefour de Saïgon. Le 2 novembre le Président Diem est assassiné au lendemain d'un coup d'état, tout juste 3 semaines avant l'assassinat de Kennedy à Dallas.

Minh exécution L'année 1968 marque l'offensive dite du têt qui mettra Saïgon à feu et à sang pendant plusieurs jours. Un jeune homme accusé d'être un Viet Công est descendu en direct d'une balle dans la tête. La photo, prise par le photographe Eddie Adams au moment où la balle percute le crâne du jeune homme, fait la une des journaux du monde entier. La photo est devenue presque aussi célèbre que celle du soldat républicain espagnol de Robert Capa. Elle lui vaudra le prix Pulitzer.

Tous ces évènements j'en ai souvent entendu parler même si j'étais trop jeune pour en garder un réel souvenir. Mais il aura suffit de relire les pages de Riz Noir et de retrouver quelques coupures de journaux pour les faire resurgir. Je ne sais pas si je vous ai donné l'envie de parcourir ce livre car ce petit résumé historique ne reflète pas la teneur et le style d'Anna Moi, plein de couleurs et d'odeurs.

Pour en savoir un peu plus sur Anna Moï, écoutez cette interview de l'écrivain qui revient sur le chapitre de "Riz Noir" consacré aux femmes du bagne de Poulo Condor:

dimanche 19 février 2012

Câu Cá ơ Cà Ná Beach

Ca Na BeachCa Na BeachCa Na Beach
Chú Năm n'a pas eu besoin de venir frapper à ma porte. Dès 4h00, je l'attendais sur la plage. Une brise thermique s'était levée soufflant à environ 16 noeuds. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'ai vu une lueur approcher. C'était lui avec sa lampe frontale. Il me fait signe d'embarquer avec son jeune fils Vũ âgé d'une vingtaine d'année. Je comprendrai par la suite cette décision justifiée par l'effort supplémentaire que demande ce deuxième passager. Il fait nuit noire et on aperçoit simplement les petites lueurs des lampes frontales de chaque pêcheur ça et là sur ce que l'on devine être l'horizon. Le vent nous porte rapidement à un demi-mille de la côte. A cette distance, cette brise côtière lève un petit clapot et je découvre avec surprise (et un certain soulagement) l'extraordinaire stabilité de ces petits paniers d'à peine 1,50 mètres de diamètre. Il faut tout de même écoper de temps en temps et Vũ, occupé à la godille, me charge de cette tâche que j'exécute de bon coeur à l'aide d'un bidon en plastique coupé. Au bout dune demi heure, nous arrivons de l'autre côté de la baie. C'est là que Vũ décide de laisser le filet se dérouler en se faisant porter par le vent qui souffle toujours. Je lui demande "Bao nhiêu mét". "Hai ngàn mét" me répond-il! Et c'est un fait que ce filet n'en finit pas de se dérouler alors que nous continuons à dériver poussé par le vent. Je commence à me dire qu'il va falloir redoubler d'énergie pour faire le trajet inverse à la simple force des bras de Vũ qui a vite compris que ma technique de godille "à la bretonne" n'était pas adaptée à notre latitude. Au bout d'une demi-heure, on arrive enfin au bout du filet et ce moment marque le signal pour remonter l'appareil de pêche à bord, là encore à la simple force des bras. Imaginez 2000 mètres de filet à remonter à la vitesse d'un mètre toutes les 2 secondes environ et vous comprendrez pourquoi il va nous falloir plus d'une heure pour remonter l'engin. Mais entre temps le jour c'est levé et la vue de ces petits poissons qui parsèment le filet ici et là nous donne du coeur à l'ouvrage. Vũ en profite pour me donner une leçon de vocabulaire en essayant de m'apprendre le nom des différentes captures (Cá Ngán & Cá Nhồng, en tout une demi-douzaine de variétés dont la plupart de dépassent pas 10cm de long). Je dois dire qu'entre les vagues, le vent, l'écope et la remontée du filet, je n'ai pas trop réussi à retenir la leçon.


Je me décide à sortir ma caméra numérique pour immortaliser ce moment car la luminosité est maintenant suffisante. Je vous laisse donc apprécier ces quelques minutes prises à la sauvette, entre deux vagues, en cette matinée du 28 janvier 2012 (si vous êtes sujet au mal de mer, je vous conseille de prendre un comprimé de Nautamine environ 30 minutes avant la séance). Moment inoubliable pour moi, mais la routine biquotidienne pour ces pêcheurs depuis la nuit des temps car cette technique de pêche n'a sans doute pas évolué depuis des siècles: bateau panier dénommé "thuyền thúng" ou "ghe thùng chài" fait de lames de bambou tressées recouverte d'une résine appliquée au pinceau, rame en bois attachée à la coque par une simple cordelette, une petite poutre en bois qui traverse le rafiot en guise de banc. D'un côté l'équipage (traduisez le pêcheur seul face à l'océan), de l'autre le filet. Pas de moteur, pas même de pagaie de rechange en cas de coup dur, pas de compas pour indiquer la direction à prendre (et je ne parle pas du GPS) et bien entendu pas de gilet de sauvetage ni de fusée de détresse. Ah si j'allais oublier: à un moment alors que nous commencions à relever le filet, j'ai vu Sũ enfiler un genre de sac en plastique en guise de ciré Cotten...


Vous l'aurez compris, ces pêcheurs sont des gens pauvres et simples. Mais une simplicité redoutablement efficace. Leur richesse à eux est ailleurs, dans ce style de vie à l'épreuve du temps. Dans cette fraternité et cette entraide que l'on perçoit à tout moment, lorsqu'il s'agit de descendre ou de remonter les bateaux, ou encore lorsqu'un autre bateau plus gros vient s'enquérir si tout se passe bien. Cette solidarité des gens de mer, chère à Jacques de Thézac et à ses "abris du marin" bien connus en finistère...
Bien plus tard dans la matinée, lorsque toute la flottille est revenue à terre, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse de mon bungalow en famille, à déguster les plus belles prises de la matinée dont un poulpe de deux kilos qui est passé à la marmite après avoir vidé son encre de Chine dans cette mer du même nom...
Ca Na Beach
Je me souviens qu'il y a bien longtemps lorsque j'effectuais mon service militaire à bord du remorqueur de haute mer "Centaure" dans le golfe de Gascogne, j'avais assisté à une véritable guerre entre pêcheurs français et pêcheurs espagnols alors en conflit sur des techniques de pêche au thon très différentes. Rien de tout cela à Cà Ná, mais à quelques milliers de kilomètres de là, la tension est parfois vive entre pêcheurs vietnamiens et pêcheurs chinois. Comme quoi la solidarité des gens de mer, ici aussi a ses limites.
Ca Na Beach
Merci à Chú Năm et à son jeune fils Vũ de m'avoir permis de vous faire partager ce moment.

Pour en savoir plus sur ces incroyables bateaux panier consultez ce site: http://www.mandragore2.net/dico/lex...
Il faut cependant savoir que ces "basket boat" traditionnels sont en voie de disparition car ils sont progressivement remplacés par de vilains bateaux panier bleu en résine et fibre de verre, muni d'un petit moteur à hélice. Du coté de Phan Thiet, on peut voir désormais de véritable cimetières de thuyền thúng en bambou...
Ca Na BeachBasket boat vernissageBasket boat bambouBasket boat bambouBasket boat bambouBasket boat plastic

dimanche 12 février 2012

CanaBeach, all different...

CanabeachNon il ne s'agit pas -pour une fois- d'une malencontreuse faute d'orthographe portant sur la célèbre marque bretonne de surfwear, mais bel et bien du spot le plus incroyable qu'il m'ait été donné de voir ici. Petit retour en arrière en cette journée du 27 janvier.
Ca Na Beach
Je vous avais laissé au sommet des tours de Po Klong Garai près de Phan Rang mais il m'a fallu poursuivre ma route vers le sud, à la recherche de la prochaine étape avant Phan Thiet puis Ho Chi Minh. Me voilà donc reparti "on the road" sur cette fameuse route numéro 1 qui relie Hanoi à Saïgon sur près de 1700km. je commence à avaler les kilomètres qui relie les trois Phan (Rang-Ri-Thiet), lorsqu'abordant un virage, j'aperçois une petite plage que surplombe un restaurant de fruits de mer.
Le site me paraît idéal pour ma pause déjeuner: petite plage de sable blanc encadrée de rochers de granit façon "petite plage" près du "Goudoul" à Lesconil (pour les habitués du lieu). Il y a aussi un petit air de Corse avec les montagnes en arrière plan.
Ca Na Beach
Il y a même un genre de bar flottant, en réalité un petit îlot reconverti en terrasse avec quelques tables et une minuscule passerelle tendue par des cordes pour y accéder. Prière de consulter la météo marine locale avant de réserver. En discutant avec le gérant j'apprends qu'il a aussi quelques bungalows en bordure de plage et qu'il y en a un qui vient de se libérer. C'est décidé, je passe la nuit à Cà Ná beach, puisque j'apprends que c'est ainsi que s'appelle ce petit bijoux. Un signe du destin?
Ca Na Beach
Alors que le soleil commence à décliner j'aperçois quelques pêcheurs qui s'apprêtent à mettre à l'eau les fameux bateaux paniers que vous avez déjà eu l'occasion de croiser ici et là au fil des pages de ce blog. Ces bateaux sont tantôt utilisés comme annexe pour de plus grosses unités tantôt comme embarcation rudimentaire pour la pêche au filet ou à la ligne. Certains d'entre vous les ont peut-être croisés à Brest 2008 lorsque le Vietnam fut l'un des invités d'honneur de la célèbre fête nautique.
Ca Na Beach
Dans la soirée les voilà de retour. Après leur avoir donné un coup de main pour remonter leurs embarcations en haut de la plage, je commence à sympathiser avec ces pêcheurs et me retrouve tout naturellement à la tombée de la nuit à partager avec eux des poissons grillés au feu de bois à même la plage, le tout arrosé de quelques "Tiger". Un délice: sans doute le meilleur restaurant de poisson qu'il m'ait été donné de goûter, et certainement le meilleur rapport qualité-prix. Et surtout un moment simple de fraternité avec des gens que je connais à peine. Je leur explique que j'ai grandi en France dans un petit port de pêche au milieu des bateaux et des pêcheurs. Ils sont sans doute un peu surpris de voir un étranger "Bac Si" s'intéresser à leur mode de vie. D'ordinaire seules quelques familles de passage entre HCM et Nha Trang s'offre une courte escale à Cà Ná. Les touristes étrangers lui préfèrent Mui Né, avec ses luxueux Resorts et ses bars branchés.
Le discussion se poursuit tard dans la nuit, facilitée par un Viet Qieu américain (traduisez Vietnamien d'outre mer). Finalement à 22h il est temps d'aller se coucher car mes amis d'un soir sont des lève-tôt. Demain matin à 4h30 ils repartiront en mer pour profiter du passage matinal des bancs de poissons près de la côte. Je demande à Châu Năm, le patriarche, s'il embraque des gens de passage le temps d'une partie de pêche avec eux. "Pas de problème si tu arrives à te lever, sinon je vendrai frapper à la porte de ton bungalow" me répond t-il avec un sourire. Rendez-vous est pris...

samedi 11 février 2012

Descente vers Phan Rang, en pays Cham.

Dalat-Phan Rang
Je quitte donc la fraîcheur de Dalat ce vendredi 27 janvier pour regagner la côte du côté de Phan Rang en pays Cham. La route emprunte le tracé d'une des première voie de communication construite en 1920 à l'époque de l'Indochine. On abandonne le plateau du Langbian pour redescendre vers une vaste plaine où l'on retrouve un peu les paysages du delta avec ces rizières à perte de vue. Première déconvenue, cette route de montagne est en très mauvais état et seuls les mobylettes et quelques 4x4 parviennent à passer.
Dalat-Phan RangVers Phan Rang
Pas de problème cependant pour ma Yam YBR dont je découvre les qualités au fur et à mesure des étapes. Ambiance Paris-Dakar avant de rejoindre la plaine 1000 mètres plus bas. Dans un virage, je retrouve les mêmes vendeurs ambulants qu'il y a 6 ans avec les mêmes Vé Sinh improvisés à flanc de montagne. Vu d'en haut, le panorama sur la plaine de Phan Rang est superbe. A mi chemin on croise une énorme canalisation qui se termine par une centrale hydro-électrique.
Vers Phan RangVers Phan Rang
Ensuite c'est une longue ligne droite vers Phan Rang avec de part et d'autre le vert clair des rizières à perte de vue. Ca et là je croise des troupeaux de vaches et de moutons, gardés par de jeunes bergères. Des moutons au Vietnam! Mais comment font-ils pour supporter la chaleur avec leur manteau de laine?
Dalat-Phan RangDalat-Phan Rang
Dalat-Phan RangDalat-Phan Rang
Vers midi j'arrive donc à Phan Rang. Plus exactement à Po Klong Garai, le site historique d'un des plus célèbres temples Cham de la région (avec celui de Po Nagar à Nha Trang: voir billet du 16/10/2009).
Po Klaung Garai
La région fut en effet dominée par cette civilisation d'origine Hindou et qui connue son apogée vers le Xème siècle avant d'être tour à tour envahie par les Khmers puis les Viets du Đai Viêt. Il reste aujourd'hui quelques vestiges de cette époque dont le fameux site de Po Klong Garai, très bien conservé, avec ses tours qui ressemblent un peu à ce que l'on peut voir à Angkor mais entièrement construit en briques rouges.
Po Klaung GaraiPo Klaung Garai
A l'intérieur de la tour principale, se trouve une chambre noire dont l'intérieur est entièrement occupé par un autel sur lequel les fidèles ont entreposé des offrandes et des baguettes d'encens qui se consument en dégageant une forte odeur. Ambiance mystique avec cette fumée et cette suif qui tapisse les murs intérieurs sur lesquels sont gravées des inscriptions en Sanskrit. Bien loin des vespas roses et des cygnes-pédalos de Dalat...
Po Klaung GaraiPo Klaung GaraiPo Klaung Garai

Le Champa vous intéresse? http://www.efeo.fr/Expo%20Cham/accu...

mercredi 8 février 2012

Đa Lạt, sur les traces du dernier empereur

Dalat
Un peu de fraîcheur: ce matin, après cette première nuit chez l'habitant, il ne fait que 10°c au thermomètre (je sais bien que c'est un peu indécent par ces temps de grands froids sur le vieux continent). Je me réjouis d'avoir pris soin d'emporter la polaire "North Face" et profite de l'heure matinale pour aller vagabonder autour du petit lac artificiel avec ses pédalos en forme de cygnes qui rajoutent au caractère "kitch" de cette station d'altitude. Đa Lạt, située à 1500m d'altitude mérite bien sa réputation de "honey moon city" du Vietnam. Située sur le plateau du Langbian, le site fut découvert en 1893 par Alexandre Yersin, dont je vous ai déjà parlé au sujet de la peste. A l'époque il lui fallut plusieurs semaines pour relier la côte de Nha Trang à cette région reculée peuplée par les Lạts, une ethnie montagnarde. Aujourd'hui on peut faire le trajet en quelques heures de moto.
DalatDalatInstitut Pasteur DalatInstitut Pasteur Dalat
Dès 1907, les premiers colons français y installent des hôtels, des villas dans le style des chalets Alpins, une gare, un collège, et -Yersin oblige- un institut Pasteur toujours en activité.
Bao Dai villaBao Dai villaBao Dai villaBao Dai villaBao Dai villaBao Dai villa
C'est aussi à Đalạt que Bảo Đại, 13ème et dernier empereur du Vietnam, fit construire une de ses nombreuses résidences (il en existe aussi à Nhatrang ainsi qu'à Dak Lak vers les hauts plateaux). Celle-ci a conservé son style art déco avec tout le mobilier années 40.
Bao Dai villaBao Dai a définitivement fuit le Vietnam en 1955, après avoir été destitué, peu après la débâcle du corps expéditionnaire français à Dien Bien Phu et les accords de Genève qui coupaient le pays en deux de part et d'autre du 17ème parallèle . Il est mort en 1997, presque dans l'anonymat à Paris, bien loin de sa villa à Dalat. Pour l'occasion, il paraît que les autorités du Vietnam communiste avaient envoyé une couronne de fleurs!
Aujourd'hui, des cars entiers de Vietnamiens viennent visiter la résidence d'été de l'empereur et se faire prendre en photo dans le parc où des genres de Mickey en peluche posent pour quelques dongs à vos côtés. Ce jour là, une exposition de Vespas fleuris venait rajouter encore au côté rétro du lieu.

Pour en savoir plus sur Dalat (en anglais): http://www.vietscape.com/travel/dal...
Biographie de Bảo Đại: http://fr.wikipedia.org/wiki/B%E1%B...

mercredi 1 février 2012

On the road

La vie a donc repris son cours après le têt. Pour des milliers de Vietnamiens, ces quelques jours furent l'occasion de retourner dans leur province d'origine, parfois très éloignée de leur zone de résidence.
Carte Dalat-Phan Rang
Pour ma part, ayant 4 jours de repos, j'avais décidé de suivre ce flux migratoire en direction de Dalat-Phan Rang-Phan Ri-Phan Thiet. Pour ce faire j'avais opté pour le moyen de transport le plus pratique ici: la moto. Bien entendu, cela a demandé un peu de préparation-souvenez vous du billet motard d'un jour, motard toujours, publié le 26 aout 2009, alors que je n'avais pas encore quitté ma Bretagne natale- car le périple fait tout de même plus de 800Km avec deux cols à passer et un altitude de 1500m sur le plateau du Lan Bian avant de redescendre vers la plaine de Phan Rang, en pays Cham, et longer la route nationale n°1 qui descend vers Ho Chi Minh.
Ma Yamaha YBR 125
Pour cela, il m'a d'abord fallu changer ma monture et troquer ma mobylette Taurus, (très pratique pour se faufiler dans le trafic à HCM, mais un peu light pour la route) pour une vrai moto Yamaha YBR 125cc. Pas trop puissante donc, mais suffisamment tout de même pour avaler des étapes de plus de 300Km (distance HCM-Dalat du premier jour). Ensuite il y a eu 3 mois d'apprentissage dans les rues d'HCM pour dompter l'engin (embrayage main gauche) et pouvoir affronter la route. La dernière phase de la préparation a consisté à définir l'itinéraire sur carte (pas de GPS au Vietnam) à m'entourer des avis de mes collègues Vietnamiens qui connaissent cette région comme leur poche. Ainsi Ha m'avait appris quelques expressions pour demander mon chemin: Dalat ơ đâu? et Thach habitant la région pouvait me servir de repli en cas de coup dur. Le choix de la saison sèche me mettait à l'abri des pluies diluviennes de la mousson.
Dau Giay
Me voilà donc parti jeudi matin à la fraîche afin de pouvoir arriver à Dalat en fin d'après-midi. Toi nhí một chúc, petite pause de 20 minutes toutes les 2 heures pour soulager les fessiers. La sortie de HCM est toujours un peu chaude étant donné la densité du trafic mais je suis finalement arrivé sans encombre à la bifurcation de Dầu Giây où l'on quitte la route nationale AH1 pour la QL20 qui rejoint, 230Km plus loin, Dalat situé sur le plateau du Lan Bian. Premier constat, il y a très peu de signalisation sur les routes Vietnamiennes, et le nom des bourgades ou même des villes traversées n'est que rarement indiqué. Seules les bornes kilométriques rouges et blanches (vestige de l'époque coloniale) permettent de savoir que vous êtes sur la bonne voie.
Bobla falls Di Linh
J'arrive vers midi à Madagui (étape à mi-chemin entre HCM et Dalat), le parc où se déroule tous les ans le "Madagui trophy" dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler. Pause d'une heure pour se restaurer et relaxer un peu mes fesses. Les familles vietnamiennes venues en nombre en ce dernier jour du têt, donnent à ce lieu d'habitude si calme, un air de Disney Land. Je repart pour la dernière partie qui sera la plus dure de tout le périple. Le premier col est franchi sans trop de problème, s'ensuit un long plateau qui n'en finit pas. Je fait une dernière pause à Di Linh pour admirer les chutes de Bobla avec leur éléphant en béton!
Dalat
La dernière portion étant rendue difficile par la multitude de cars, minibus et toujours ces dizaines de mobylettes. Je commence à me dire qu'il va falloir trouver de quoi loger tout ce petit monde qui converge au même endroit. La ville est devenue au fil des années, la station kitch du Sud-Vietnam et je ne me fait donc pas trop de souci pour trouver une nuitée dans une des nombreuses Ngha Nhi, ces petits motels en bord de route. Première constatation: il fait froid! On m'avait prévenu mais ça fait toujours drôle d'enfiler la polaire alors qu'il y a encore 2 heures j'étais en bras de chemise. Après une heure de recherche infructueuse, et alors que la nuit est maintenant tombée, il faut me rendre à l'évidence: il n'y a plus une seule chambre de libre sur toute la ville. Je me résous donc à appeler Thach. J'expérimente donc pour la première fois la fameuse expression "J'irai dormir chez vous" chère à Atoine de Maximy, ce célèbre globe trotter caméraman. Hospitalité Vietnamienne oblige: Anh ăn cơm chửa? On me propose de partager le diner. J'essaye de baragouiner quelques mots de Vietnamien histoire de meubler un peu . Comme personne ne parvient à communiquer efficacement avec moi, on me propose d'aller boire un café en ville avec un membre de la famille qui parle français. Malgré la fatigue, j'accepte et on se retrouve donc à la terrasse supérieure d'un hôtel-bar-karaoké dont les Vietnamiens rafolent. Mon unique interlocuteur de la soirée est donc un professeur de langue à la retraite qui parle un français impeccable. Il continue à pratiquer la langue de Molière grâce à différentes ONG dont il sert d'interprète et même pour Canal+ qui fait régulièrement appel à lui lorsque ses équipes de tournage viennent faire des reportages au Vietnam. Il a pu ainsi partir dans les hauts plateaux du centre à la recherche de l'éléphant sauvage!
Comme je lui faits part de mes problèmes pour apprendre sa langue, il me donne littéralement un cours de linguistique Vietnamienne, en m'expliquant que la plupart des professeurs ne savent plus enseigner le Vietnamien. Ainsi le mot "an" (la paix) et le mot "ăn" (manger) ne se distinguent non pas par une différence dans le son A (comme le sous entend le signe inversé au dessus de "ăn") mais par le caractère long ou court de la consonne finale: long dans "an" mais court, presque bloqué dans la gorge dans "ăn". Vous me suivez?
Soirée un peu magique donc, au sixième étage de ce bar karaoké où j'ai simplement regretté de ne pas avoir pris mon enregistreur numérique pour mieux vous faire partager ce moment insolite.

lundi 23 janvier 2012

Chúc Mừng Năm Mới, Bloavez Mad, Happy new year, Bonne année: deuxième

Dragon YearCa y est, nous sommes rentré depuis quelques heures dans la nouvelle année du calendrier lunaire. Cette fois-ci placée sous le signe du Dragon. C'est l'occasion comme tous les ans, de célébrer cet évènement avec mon équipe des urgences de l'hôpital FV. Au menu les fameux Banh Têt, ces gâteaux de riz gluant fourrés d'oeuf et de viande ainsi que les Banh Chuối, la version fourrée à la banane. L'occasion aussi de distribuer la "Lucky money" sensée vous apporter le bonheur et la richesse durant un an.
Dragon Year
J'en profite donc pour vous souhaiter une excellente année du Dragon. C'est un animal légendaire et mythique, plein de puissance. Bonne année à toutes et à tous.

Chúc Mừng Năm Mới

Dragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon YearDragon Year

mardi 17 janvier 2012

Histoire de famille: Lê Thi Hiêp racontée par Co Ut

Ce weekend, j'avais donné rendez-vous à Co Ut, littéralement ma "dernière tante", sur les berges de la rivière de Saïgon. Je vous plante le décors: dans le jardin d'une villa-restaurant à deux pas de la rivière, on savoure quelques mets vietnamiens tout en regardant les chaloupes remonter le fleuve.

Lê Thi HiêpAu bout d'un moment la conversation se porte sur Lê Thi Hiêp, la deuxième épouse de mon grand père, ma grand-mère donc. Pour ceux qui ont manqué l'épisode précédant, se référer aux billets du 4 et du 11 décembre dernier. Je vous rappelle que nous avions laissé mon grand père alors qu'il fuyait la peste dans région de Phan Thiet qui venait d'emporter sa première épouse Lê Thi Dâ et une de ses filles.
On le retrouve quelques années plus tard, remarié avec une belle jeune fille de 10 ans sa cadette, fille d'un paysan de Bien Hoa, habitant sur l'autre rive du fleuve Dong Nai.

Il n'existe à ma connaissance que deux photographies de ma grand mère, probablement prises peu après son mariage vers l'âge de trente ans. La photo ci-dessus a sans doute été prise par un photographe professionnel. Lê Thi Hiêp a revêtu pour la circonstance, la fameuse tunique en soie appelée Ao Dai (prononcez Ao Zaï), ainsi que les bijoux de famille. Notez les chignons à l'arrière de la tête. Je vous laisse admirer ses traits si typiques des femmes "annamites".
Lê Thi HiêpSur sa pierre tombale à Bien Hoa, on peut lire sa date de décès le 18 mai 1940 à l'âge de 53 ans, sans doute l'espérance de vie normale pour une femme à cette époque au Vietnam. Co Ut rapporte qu'elle succomba à un accès de dysenterie dont elle était sujette. Peut-être une amybiase, encore si courante de nos jours. Son mari ne lui survivra que deux ans, emporté par une crise de hoquet, selon la version de Co Ut (là j'ai quand même quelques doutes), et toute la "double fratrie" va se retrouver orpheline. Mais c'est une autre histoire.


Co Ut interviewBien qu'âgée de 89 ans, Co Ut conserve une mémoire assez vive qui lui permet d'évoquer ses souvenirs d'enfance. Derrière sa petite voix et ses intonations presque musicales, je vous laisse l'écouter évoquer le souvenir de sa mère et de son père. Petits passages mémorables à propos des enfants "cachés" du premier mariage et du hoquet fatal de mon grand-père déclenché par les durians. je savais déjà que ces fruits typiques du Vietnam avaient des propriétés odorantes particulières, mais de là à penser qu'ils pouvaient entrainer la mort autrement que par asphyxie!?


Cliquez sur le triangle bleu ci-dessous pour commencer l'interview

mardi 10 janvier 2012

Mékong Récupération

Tri sélectif
Je ne vous ai jamais caché mon attirance pour cette partie du Vietnam qu'est le delta du Mékong. Vous avez déjà pu faire connaissance avec ces paysages et ce peuple lors des billets publiés en mars et avril 2010. Lorsqu'il y a un mois, une de mes collègues originaire de la région m'a proposé d'y retourner le temps d'un petit weekend, je n'ai pas hésité une seconde. Rien de tel en effet, pour sortir des sentiers battus, que de se laisser guider par les habitants des lieux.
Tri sélectif
Direction la ville de Tan Chau, à une trentaine de kilomètre de Chau Doc et de la frontière Cambodgienne. Réveil matinal pour profiter de la luminosité du soleil levant et de la fraîcheur toute relative. Première surprise agréable, une brise "marine" souffle sur le fleuve et sur la ville. Je longe les quais pour arriver à une cale qui sert d'aire de débarquement aux chalans. Là j'assiste à un étrange ballet.
Tri sélectif
Une longue barge est amarrée au quai et des hommes font des vas-et-viens incessants avec de gros ballots sur leurs épaules. En m'approchant, je m'aperçois qu'il s'agit de toutes sortes d'objets en plastique de récupération qui ont été concassés les uns contre les autres pour former des sortes de gros cubes de près d'un mètre de coté.
Tri sélectif
Même si ce ne sont que des bouteilles de plastique, ils peinent à avancer contre le vent violant. Ces dockers de fortune mettront toute la matinée pour débarquer la cargaison. A l'autre bout de la chaîne, les paquets de bouteilles sont ensuite chargés sur des "Xe Loi" direction je ne sais où...
Xe Loi

Il parait que des chercheurs ont mis au point récemment un nouveau matériau de construction à base de bouteilles en plastique récupérées. Ces nouvelles "briques" ont, paraît-il, des propriétés d'isolation intéressantes qui en feraient une solution alternative pour la construction de maisons individuelles...

jeudi 5 janvier 2012

Le Vietnamien pour les nuls (leçon 4): Toi học tiến Viêt (baì bốn)

Puisque certains d'entre vous semblent douter de mes capacités à apprendre la Vietnamien, voici la preuve en vidéo. D'accord, vous l'aurez compris, la prononciation laisse un peu à désirer mais l'important c'est de se "jeter à l'eau" comme on dit. C'est donc ce que j'ai fait il y a 3 semaines lors d'un déplacement avec quelques collègues dans le delta du Mékong.

Comme vous pourrez le constater, j'ai encore un peu de mal à me faire comprendre et mes tentatives déclenchent parfois des réactions inattendues. Tendez bien l'oreille, et essayez de reconnaître ces quelques phrases tirées de mes premières leçons. Si vous parvenez à deviner le surnom qui m'a été donné par mes compagnons alors vous gagnerez une croisière pour deux personnes à bord de cette jonque.

  • Em tên là gì?
  • Tôi ten là Tang.
  • Em là người Viêt phải không?
  • Da, phải.
  • Em bao nhiêu tuổi ?
  • Hai mười bỗn.


  • Chào em.
  • Em khoẻ không?
  • Hi hi hi...

samedi 31 décembre 2011

Chúc Mừng Năm Mới, Bloavez Mad, Happy new year, Bonne année

Ao Dai Girl 01Ao Dai Girl 01Ao Dai Girl 01
Merci d'être venu si nombreux consulter les pages de ce blog en 2011, en espérant que vous retrouver tout au long de cette nouvelle année 2012.

Bluetran

mercredi 21 décembre 2011

Xe Loi, l'autre version du cyclo-pousse du delta du Mékong

Xe Loi
Je vous ai déjà parlé des différents types de transports que l'on peut croiser un peu partout en Asie du Sud-Est. Ca va du classique cyclopousse relégué comme attraction touristique dans les rues de Saïgon ou de Hội An, jusqu'au "Tuk Tuk" Cambodgien.
Xe Loi
Ces modes de transport ont constitué pendant longtemps le seul moyen de déplacement pour les gens qui ne possédaient pas de bicyclette ou qui étaient trop âgés pour pédaler. Ainsi à la fin des années 80, les rues de Saïgon étaient-elles encore remplies de ces cyclopousses qui faisaient alors office de taxis et qui se disputaient le pavé avec des milliers de bicyclettes (je vous laisse imaginer le silence et l'air pur). Le Vietnam sortait de 30 années de guerre et était encore sous embargo international. C'était avant l'ère des mobylettes qui ont maintenant littéralement envahi les rues des villes et des campagnes.
Xe Loi
Pour retrouver un peu de cette ambiance surannée, il faut s'éloigner de la mégalopole du sud. Direction la province d'An Giang dans le delta du Mékong, à quelques kilomètres de la frontière Cambodgienne. La ville de Tân Châu est assez typique des villes de la région: adossée à l'un des neuf bras du Mékong (les fameux neuf dragons), c'est une agglomération qui vit au rythme du fleuve avec ses bacs qui y font d'incessants aller-retours et ces chaloupes chargées de produits en tout genre.
Xe LoiXe LoiXe LoiXe Loi
On y trouve bien sur son marché et son marchant de riz avec qui vous avez déjà fait connaissance. On y découvre aussi de larges avenues que sillonnent d'étranges carrioles tirées par un vélo: les fameux "Xé loi" qui tiennent plus du Sulky ou du Rickshaw que du classique cyclopousse.
Xe LoiXe LoiXe LoiXe Loi
Ce mode de déplacement est typique de cette région du delta, et ne se rencontre nulle part ailleurs au Vietnam. A Tân Châu, ils servent aussi bien de moyen de locomotion pour la population locale (Ici il n'y a pas de touristes qui lui préfèrent Châu Doc, un peu plus à l'Ouest) que de transport de marchandises avec également une version motorisée.
Xe LoiXe LoiXe LoiXe Loi

Mais il n'y a pas que les êtres humains et les marchandises qui peuvent bénéficier des Xé Loi. Témoin cette photo prise "à la sauvette" l'année dernière à Châu Doc et qui fera la transition avec le prochain billet...

Xe Loi Héo

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