Bluetran's Blog in Vietnam

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lundi 6 avril 2015

Dong Khê, sa citadelle, son cimetière militaire et sa cabanne à phở

Dong Khê
Nous sommes donc arrivés à Dong Khê, ville située à mi-chemin entre Lang Son et Cao Bang. A peine arrivée en soirée dans cette vallée paisible entourée de collines que l'on trouve un petit hôtel en bordure de route, un peu à l'extérieur de la ville. A 500 mètres de là, on escalade un promontoire qui servait de poste de vigie pour le corps expéditionnaire français. Dong Khê était alors un des postes militaires s'étirant le long de la RC4, chargé de surveiller les mouvements de troupe Viêt Minh. Lors de la retraite de Lang Son en 1950, Dong Khê devait servir de base arrière à la colonne Charton mais celle-ci n'y parviendra jamais. En effet, à partir de septembre, la ville est reprise par le Viêt Minh qui ne la lâchera plus. La colonne Lepage, venue à la rescousse s'y cassera les dents et sera mise en déroute à quelques kilomètres à l'ouest, au lieu-dit Coc Xa, sorte d'entonnoir minéral et végétal où les militaires du corps expéditionnaire seront littéralement anéantis par les assauts Viêts.
Dong Khê
Au sommet de cette butte, on surprend un homme d'une quarantaine d'année en tenue de camouflage. On sympathise en se remémorant les faits d'armes d'antan. Lui se souvient surtout de la guerre éclair avec la Chine qui sévit ici en février-mars 1979. A peine 4 ans après la fin de la guerre "du Vietnam", les hostilités reprirent entre les "frères ennemis" lorsque la Chine envahit le nord Vietnam sur une bande d'une centaine de kilomètres pour le punir d'avoir chassé les Khmers Rouges du Cambodge, mettant fin à 4 années de génocide. Cette guerre oubliée de nos jours fit pourtant des dizaines de milliers de victimes de part et d'autre. Vestige de cet épisode tragique, le cimetière militaire de Dong Khê avec une centaines de tombes de soldats inconnus.

De Lang Son à Dong Khê

Départ de Lang Son
Départ de Lang Son ce matin sous un ciel bleu! Avant de quitter la ville, on visite une grotte qui servit de cache d'armes à l'armée Vietminh. Les Japonais qui occupèrent la région pendant la seconde guerre mondiale y enfermaient leurs prisonniers. Drôle de destin pour cette caverne qui aujourd'hui est devenue un lieu de culte et une attraction touristique.
Vers Dong Khê
Nous voilà enfin sur cette fameuse RC4, la route coloniale n°4 qui chemine entre Lang Son et Coa Bang entre les pitons calcaires recouverts de végétation. Peu après Lang Son on dépasse une procession interminable de camions qui remontent en direction de la Chine.
Camions bloqués à la frontière Sino-Viêtnamienne
Au niveau de Đông Đăng, la route vient frôler la frontière du grand voisin. Des dizaines de camions sont arrêtés là et attendent l'autorisation des douaniers Chinois pour franchir la frontière. Illustration des tensions actuelles entre les deux pays, les autorités Chinoises locales semblent ne délivrer les laissez passer qu'au compte gouttes. Pourtant, dans l'autre sens, les camions en provenance de Chine semblent passer sans problème. Il est vrai que la balance commerciale entre les deux pays est largement en faveur des Chinois dont les produits manufacturés viennent inonder le marché intérieur Vietnamien.
Na Sam
On poursuit notre chemin vers le nord. A Na Sầm, première difficulté, nous sommes arrêté devant une un chemin boueux. Impossible de continuer. On a voulu faire les malins en s'écartant de la route bitumée. Il faut faire demi-tour.
Na SamNa Sam
Lung VaiVers 11h, on atteint le poste de Lung Vai, qui fut jadis le théâtre de multiples embuscades tendues par le Viet Minh pour couper les convoies Français qui sillonnaient le long de la RC4. Ce passage était d'ailleurs surnommé "les portes de la mort". On en profite pour faire une pause dans un petit café en bord de route, histoire d'attendre Gérard qui est encore parti en solo...

Vers Dong KhêVers Dong Khê
Quelques kilomètres avant Thất Khê, la route enjambe une rivière qui serpente au loin dans les montagnes. La vue du pont est superbe avec ces majestueux massifs de bambous qui s'épanchent au-dessus des eaux.

That Khê restaurantIl ne nous reste plus que quelques kilomètres avant d'atteindre Thât Khê, notre pause déjeuner. La ville semble endormie. Pas un chat dans les rues. Il est vrai qu'il est l'heure de la sieste. J'ai un peu l'impression d'être dans une de ces villes que l'on voit dans les Western avec ces saloon qui bordent l'unique rue centrale. On s'arrête devant une Nhà Hàng qui veut bien remettre les couverts pour les seuls clients que nous sommes.

De Hanoi à Lang Son

Les easy riders avant le grand départA peine débarqué du Boeing 777 de la Vietnam Airline en ce samedi 5 avril 2014, après 13 heures de vol, que me voilà dans la petite rue Hang Hanh (notre point ralliement) aux côtés de mes 5 compagnons de voyage. Nous sommes en effet six furieux et furieuses, tous amoureux du Vietnam (pour des raisons diverses et variées) et plus ou moins aguerris aux ballades à moto sur les sentiers du Bắc Bộ (la région la plus nord du Vietnam). De droite à gauche sur la photo il y a bien sûr Pascal, le commandant en chef qui arpente cette région depuis tellement longtemps qu'il en a perdu ses cheveux, Hang qui en plus d'être l'une des deux autochtones de l'équipe, cumule les fonctions de trésorière, interprète et GPS, Philippe le baroudeur ancien prof de sport qui a traîné ses guêtres en Afrique avant de s'établir au Vietnam où il a rencontré Loan notre deuxième "locale" passionnée de photo et adepte ou plutôt addicte du Nikon, enfin Gérard le vieux sage qui a la fâcheuse habitude de suivre celui ou celle qui le précède les yeux fermés (ne vous fiez pas aux apparences, la différence de tailles n'est due qu'à un effet de perspective) .
Hanoi Lang Son
Le temps d'une photo de groupe devant notre Hôtel Golden Lake et nous voilà partis. Première déconvenue: il pleut. Nous sommes en avril et c'est le début de la saison des pluies. Heureusement j'avais un peu anticipé en allant à Décath chercher un pantalon imperméable Tribord à 14€ qui fera parfaitement l'affaire. La bonne nouvelle c'est que je retrouve ma bonne vieille Honda 125 noire qui m'avait accompagné sur ces mêmes routes du nord il y a près d'un an et demi. A l'époque, j'avais du payer 150$ de réparations à Cương, le loueur de moto, après avoir "explosé" le tableau de bord et fossé la direction. J'espère que mes débuts laborieux comme motard certifié m'éviteront les déboires de la première expédition (j'ai obtenu le permis à la 4ème tentative en août dernier sur le plateau à Landivisiau).
Hanoi Lang Son
La sortie de Hanoi est vraiment laborieuse. Outre la pluie, il y a un trafic monstre avec des camions et des cars partout. On peine à trouver la sortie vers Lang Son qui n'est indiquée que très sommairement. Finalement on parvient à s'extirper de la mêlée et à prendre la direction Nord-Est vers notre première ville-étape. A mi-chemin on s'arrête en bord de route pour boire un Cà Phê Sữa Đá, le café au lait glacé (un régal typiquement Viêt). J'en profite pour m'acheter une paire de tongs "Abercrombie & Fitch" à 100.000 dong, authentique copie made in China (à propos, vous avez vu que les 40.000 ouvriers chinois de ces usines de chaussures de marques sont en grève! Décidément tout se perd...). Au loin on aperçoit déjà les premiers pitons calcaires recouverts de végétations qui font toute la magie de cette région. Un avant goût de ce qui nous attend dans les prochains jours...
Casques Bo Doï sur la route vers Lang Son
Sur un étalage, quelques casques Bo Doï nous rappellent que nous entrons dans le coeur même de la nation Viêt, là-même où il y a plus de 60 ans, Ho Chi Minh et ses soldats fondaient le Viêt Minh et organisaient la lutte armée pour l'indépendance. On arrive à Lang Son à la tombée de la nuit. Les français que nous sommes avons une petite pensée pour nos compatriotes qui "prirent" la ville une première fois en 1885 aux mains des Chinois, comme en témoigne cette illustration tirée d'un journal de l'époque.
Capture de Lang Son en 1885

samedi 4 avril 2015

Sur les traces de la RC4

Hanoi Lang Son
Cette fois-ci retour au nord du Vietnam, toujours à moto et plus précisément sur l'itinéraire des anciennes routes coloniales n°1, n°3 et n°4, plus connue sous l'appellation RC4. Grosso modo, notre route va suivre celle de "l'opération Léa" qui en octobre 1947 vu les troupes françaises et viet-minh s'accrocher une première fois.

Route coloniale n°4Le road trip s'est déroulé du 5 au 13 avril dernier sur des Honda 150cc* et comme je n'avais pas d'ordinateur avec moi, je n'ai pas pu vous faire profiter en direct-live. Rassurez-vous, la plupart des notes de ce récit ont été prises à chaud et seront identifiables par des caractères en italique .

A partir de demain nous allons remonter la mythique route coloniale 4, la fameuse RC4 (aujourd'hui QL3) qui fut âprement disputée entre le corps expéditionnaire français et le Vietminh après la seconde guerre mondiale. Les français y avaient installé des postes militaires de Lang Son à Cao Bang en passant par Dong Khê pour essayer de couper les lignes de ravitaillement vietminh venant de Chine. Finalement ce sont ces derniers qui auront le dernier mot en 1950 pour ce qui restera "la tragédie de la RC4". Plusieurs milliers de soldats français, de légionnaires ou encore originaires des colonies (dont les fameux Tabors marocains) y périrent laminés par les divisions vietminh. Cette tragédie marque un tournant dans la guerre d'Indochine et annonce la défaite de Dien Bien Phu 4 ans plus tard.

A (re)voir, ce documentaire diffusé sur France 5, qui retrace cette tragédie à partir d'images d'archive et de témoignages d'anciens soldats du corps expéditionnaire:
http://www.dailymotion.com/video/x1...
Cao Bang les soldats sacrifiés d'Indochine

dimanche 20 avril 2014

Bluetran's blog reprend du service!

Ba Bé lake
Après 18 mois d'inactivité, j'ai décidé de poursuivre le bluetran's blog in Vietnam le temps d'un nouveau trip moto au nord Vietnam. Celui-ci s'est déroulé du 5 au 13 avril dernier pour le plus grand bonheur de votre serviteur.

mardi 25 décembre 2012

Chúng tôi trở về Hà Nội. Ngày mai, tôi sẽ đi về nước

Old Vietnamese flag
Ce 6 Octobre 2012 voit donc notre petite équipe faire son entrée dans Hanoi sous une pluie diluvienne après 6 jours passés sur les routes (quelque fois) et sur les sentiers (souvent) qui mènent à la frontière Sino-Vietnamienne. Il fut riche en émotions, en rencontres et parfois aussi difficile. J'espère avoir réussi à vous faire partager ces moments au plus près de l'action comme j'ai essayé de le faire tout au long des "billets" de ce blog.
Back to HanoiBack to HanoiBack to Hanoi
Le lendemain matin, je me suis réveillé assez tôt pour aller flâner une dernière fois autour du lac Hoan Kiem et du vieux quartier qui le jouxte. Histoire de boire un dernier phở sur le trottoir de Hanoi (le must du must) et de contempler une dernière fois ces ruelles, de sentir cette atmosphère si particulière de la capitale Vietnamienne, une ville comme hors du temps. Tout simplement pour goûter au plaisir jusqu'à la dernière seconde et ne rien regretter.
Hànội phớBack to Hanoi
Mais voilà, toute les bonnes choses ont une fin, notre périple à moto au nord du nord-Vietnam se termine. Il fut pour moi comme une dernière échappée après trois années passées à sillonner ce pays qui est devenu au fil des mois mon autre patrie. Il marque la fermeture de cette parenthèse Indochinoise qui avait commencé en septembre 2009 dans l'insouciance et l'excitation d'une expatriation inespérée.
Back to Hanoi
Ce 175ème billet marque aussi le point final de ce blog qui aujourd'hui n'a plus vraiment raison d'être puisqu'il était destiné à vous faire partager cette unique expérience. J'avais encore quelques "rushs" à propos d'un voyage au Myanmar cet été, mais finir ce "bluetran's blog in Vietnam" sur la Birmanie sonnait un peu comme une trahison. Ce sera pour une autre fois.
Băc Kan
J'ai aujourd'hui une pensée pleine de gratitude pour ma femme et ma fille qui m'ont permis de réaliser ce qui n'était qu'un rêve. Merci aussi à ma famille au Vietnâm qui a toujours su maintenir les liens alors même que tout nous séparait, la distance, la langue et le temps qui passe. J'ai aussi une pensée pour ceux qui m'ont ouvert leurs portes en échange de rien si ce n'est l'amitié, parmi eux Chu Nam, le pêcheur de Ca Na beach -billet du 19 février 2012- qui ne verra jamais ce blog (pas d'internet sur la plage ni en mer) et Mau, le linguiste de Dalat -billet du 1er février 2012- dont j'ai appris la disparition brutale.
Ca Na Beach
Je voudrais en profiter pour remercier une dernière fois toutes celles et ceux qui ont ouvert les pages de ce carnet et qui étaient encore 198 hier en cette veille de Noël! Merci mille fois à Nghia, Maryline, Danièle (alias "Jez Blonde"), Hélène, Françoise, Krikriss et les autres pour vos encouragements et vos commentaires (777 au jour d'aujourd'hui!) qui lui ont donné une réelle valeur ajoutée. L'adresse http://blog.bluetran.asia restera encore active plusieurs mois et tant que des internautes viendront régulièrement la consulter.
Lang Bang funerals
En ce qui me concerne, le "bloggeur-addict" que je suis devenu va essayer de plancher sur d'autres projets comme ce "bluetran's blog in Brittany" écrit en anglais et en Vietnamien, pour mes lecteurs non-francophones. Je ne sais pas si je trouverai le temps, l'énergie et surtout l'inspiration, mais c'est promis, j'essayerai...

Cám ơn. Chào càc anh chi. Hẹn gặp lại

lundi 10 décembre 2012

Dernière étape Vinh Loc-Thai Nguyen

Vinh Loc-Thai Nguyen
Ce n'est que tard dans la soirée que nous parvenons à Vinh Loc, bourgade située à un carrefour sur la route Ha Giang-Ha Noi. Il pleut, nous tentons notre chance dans une première Nha Nghi qui nous refuse le gîte pour la seule et unique raison que nos passeports sont étrangers! Sans doute la crainte de sanctions de la part du comité populaire local. Il faut savoir qu'aujourd'hui encore, il est interdit d'héberger des étrangers sans en informer les autorités. Ainsi la première chose que l'on vous demande en arrivant dans un hôtel, c'est votre passeport.
Vinh LocVinh Loc
On trouve finalement refuge dans une autre Nha Nghi qui semble moins regardante sur notre nationalité, et un restaurant genre salle des fêtes où des bassines de poulets attendent un banquet.
Phieng LiengPhieng Lieng
Le lendemain, fidèle à notre habitude, on prend un petit déjeuner local, traduisez "bol de phớ" dans une de ces gargotes en bordure de route. Celle-ci est particulièrement pittoresque avec son coin cuisine, un simple feu de bois et ses toilettes côté jardin potager composées d'une tôle ondulée et d'un seau en plastique. L'histoire ne dit pas si le précieux liquide servira à irriguer les belles salades qui lui font face...
Hồ Ba BểHồ Ba BểHồ Ba BểBa Bé lakeHồ Ba BểBa Bé lake
On the road again vers le lac Ba Bê, petit lac de montagne entouré de collines verdoyantes. On charge nos motos sur une des barges en bois qui font le service entre les deux berges. Rare moment de calme absolu au cours de ce voyage au nord du nord Vietnam.
Vinh Loc-Thai NguyenA midi, notre repas en terrasse est une nouvelle fois interrompu par des cris stridents. Il s'agit cette fois-ci d'une truie amarrée à l'arrière d'une mobylette. Je connaissais déjà les termes Xe Om ou Xe Honda, on peut donc qualifier de "Xe Heo" cette pratique. L'histoire se termine bien pour la vénérable dame, enfin libérée sous nos yeux.



Băc KanLa route vers Thai Nguyen nous fait traverser la province de Bac Kan (qui fut autrefois le théâtre de violents affrontements entre le corps expéditionnaire et le Viet Minh). Pascal nous a encore concocté un itinéraire "hors des sentiers battus" où la boue et les nids de poule se succèdent.Băc Kan Mais cette fois nous maîtrisons parfaitement nos 125cc Honda et arrivons sans encombre à Thai Nguyen en fin d'après midi. Ville importante, chef lieu du district du même nom. Le soir, on se retrouve au restaurant avec un groupe de vétérans Viet Minh en grande tenue, le poitrail recouvert de décoration en tout genre, la démarche un peu ébrieuse. Ils sont sans doute venu commémorer un fait d'armes.



Pascal Gérard David
Dernière photo des rescapés + Hang restée derrière le Nikon, peu avant notre entrée victorieuse dans Hanoi. Sans vouloir me vanter, vous aurez noté qu'il y en a qu'un qui a gardé le casque et le sourire...

jeudi 22 novembre 2012

Phía bên kia con đường: Mọi người đang xây nhà

Lang Bang charpentier

Lang Bang charpentierDe l'autre côté de la route, en face de là où se déroulent les funérailles, le vie continue, témoins ces jeunes charpentiers qui construisent cette maison traditionnelle en bois et feuille de palmiers. La charpente est déjà quasiment terminée et les ouvriers s'apprêtent à disposer les feuilles qui serviront de toiture.

Lang Bang charpentierDes femmes se chargent de les trier sur le bord de la route. Cette technique semble très bien adaptée au climat chaud et humide car ce feuillage protège parfaitement contre la pluie et est en outre un bon isolant thermique. Seul inconvénient, il faut changer de couverture une fois par an car les feuilles finissent par se décomposer après la saison des pluies. Malgré ce problème, c'est un exemple d'habitat parfaitement adapté à son environnement, car tous les matériaux sont à portée de main et pour une somme sans doute modeste. Voilà un bel exemple d'éco-habitat durable.
Lang Bang charpentierLang Bang charpentier

dimanche 11 novembre 2012

Carnet de route Hoàng Sù Phi-Vinh Lộc (suite)

Lang Bang funerals
Après le bestiaire mobile du billet précédent, on reprend la route vers notre destination supposée: le lac Ba Bé. Une petite erreur de navigation va considérablement ralentir notre progression et nous faire découvrir le charme de Vinh Lộc, grosse bourgade de la province de Tuyên Quang.

Lang Bang funeralsUn peu avant, notre route croise une procession d'hommes et de femmes enturbannés de blanc. Il y a là un attroupement autour d'un homme en tenue d'apparat qui récite des incantations devant un autel improvisé en bordure de la route. On s'arrête quelques mètres plus loin et alors que je m'approche, je me rends compte qu'il s'agit de funérailles. Le blanc est en effet ici symbole de deuil. Lang Bang funeralsDes musiciens accompagnent la procession ce qui donne une petite touche joyeuse à l'évènement, même si des pleureuses "professionnelles" se chargent de dramatiser l'évènement. On nous invite à participer au rituel qui consiste, entre autre, à boire un verre d'alcool de riz en l'honneur du défunt, ce à quoi je m'exécute consciencieusement. Au bout d'un moment, la procession revient vers la maison du défunt et commence alors une curieuse ronde autour des offrandes disposées méticuleusement sur le sol, le tout au son entêtant d'une espèce de bombarde nasillarde. Trônant au milieu, un gros cochon rose a été disposé à plat ventre, les pattes arrières écartées! La scène paraît un peu surréaliste avec tous ces gens qui défilent autour de cette pauvre bête qui me rappelle les deux malheureux aperçus le matin même de part et d'autre de leur mobylette.


Voici une petite description des rituels funéraires au Vietnam, tiré du roman "François Phuoc, métisse" de J. Cendrieux aux éditions Kailash (petite maison d'édition basée à Pondicherry):

Ainsi le tam-tam sonore, la clarinette et les cymbales ouvrent la route de l'éternité devant l'âme du défunt. Le convoi funèbre déroule, dans la plaine où le riz verdoie et frissonne en vaguelettes, son long serpent bariolé. D'abord vient l'orchestre dont les accents proclament la joie des vivants: le défunt s'est libéré de la lourde matière et maintenant survole légèrement le village ; le tam-tam et les cymbales, de leur voix profonde et sourde, savent mettre en fuite les mauvais Esprits.
Cet orchestre est suivi des enfants porteurs d'offrandes funéraires: un porc rôti tout entier (...), et des fruits, reposant sur un lit de dentelle de papier. (....) Derrière, avancent, poussant des cris aigus, vêtues, en signe de deuil, du caikhan, les pleureuses et les parents affligés. Enfin la foule qui suit le cortège : on bavarde et, secrètement, l'on suppute le nombre de cochons rôtis et de bouteilles d'alcool "ruou" que ce soir on savourera ; hommage ultime à la mémoire du défunt.

mercredi 31 octobre 2012

Carnet de route Hoàng Sù Phi-Vinh Lộc

Xin Man-Vinh Loc
On quitte Hoàng Sù Phi le ventre plein, destination le lac Ba Bé que l'on atteindra finalement que le lendemain matin. Une fois de plus, les aléas de la route vont nous contraindre de raccourcir cette étape.

Xin Man-Vinh LocMais alors que nous nous éloignons de la frontière Chinoise, c'est un enchantement pour les yeux. Les paysages de montagne verdoyante sont sublimes, la route en lacets procure un réel plaisir de conduite. Xin Man-Vinh LocSeuls au milieu de ce paysage grandiose, nous sommes les rois de la route. Nos déboires de la veille sont déjà loin, seul compte le moment présent. On s'arrête en bord de route pour contempler le paysage.

Xin Man-Vinh LocXin Man-Vinh Loc
A chaque virage, nous allons de surprises en surprises, comme ce curieux attelage de cochons, emprisonnés dans des cages de part et d'autre de cette mobylette. Ils me font penser à ces valises latérales que l'on voit sur certaines grosses cylindrées, ou encore à de gros réacteurs telle une mobylette supersonique (puissance fiscale: 2 Cochons). Impassibles, ils attendent que leur chauffeur ait fini son Câ Phé.

Tân QuangTân Quang
Vers midi on arrive à Tân Quang, village carrefour sur la route qui descend de Hà Giang à Hà Nội. Alors que nous nous sommes arrêtés pour notre pause déjeuner, j'aperçois un attroupement autour d'un homme en mobylette. Le bus qui relie Xin Mân à Hà Giang s'est même arrêté à sa hauteur. Lorsque je m'approche, je distingue une volumineuse masse à l'arrière au niveau de ce qu'il convient d'appeler le "porte bagages".
Tân QuangTân Quang
En fait de bagages, il s'agit ni plus ni moins qu'un veau! Depuis 3 ans que je réside ici, Je commence à m'habituer à voir toutes sortes de chargements à l'arrière des motos vietnamiennes, mais là, ça dépasse ce que je pouvais imaginer. Du reste, il a suffit de quelques minutes pour qu'une vingtaine de curieux viennent contempler "la bête". Preuve que le spectacle n'est pas si habituel. Cette fois-ci, il s'agit d'un animal mort, comme en témoigne sa grosse langue pendante. Le propriétaire cherche sans doute un boucher qui pourrait dépecer cette carcasse.

lundi 22 octobre 2012

Carnet de route Xín Mần-Hoàng Sù Phi

Xin Man-Vinh Loc
Ce matin du 4 Octobre, nous ne sommes plus que 5 sur les 6 de départ. On quitte Xín Mần avec l'idée de regagner Ha Giang que nous n'avions pas pu rallier hier pour les raisons que vous savez. Il est 7 heure et la bourgade est déjà animée. On salue une dernière fois notre réparateur de motos et on file en direction de l'est.
Xin Man-Vinh LocXin Man-Vinh Loc
Peu après Xín Mần, la route passe par un pont suspendu qui enjambe une rivière encaissée. Le paysage est grandiose avec cette brume matinale qui rajoute une touche de mystère. Après le pont, la route se sépare en deux. Pour une raison inexpliquée, deux de nos compères (les mêmes qui s'étaient égarés dans la pampa le deuxième jour) prennent plein nord, en direction de... la frontière chinoise.
Xin Man-Vinh LocChinese borderChinese borderChinese border
Pourtant, au bout de quelques mètres, un panneau "Khu vực biên giơí" traduit en chinois et en anglais ("frontier area") met en garde les voyageurs. Il est vrai que la proximité de la Chine agit comme une force d'attraction. Nous voilà tous engagés sur cette route qui longe la rivière et qui pénètre progressivement vers l'inconnu.
Chinese borderChinese borderChinese borderChinese border
Seuls quelques camions prennent la direction de la frontière. La route est par moment en partie barrée par des éboulements. Vision irréelle: perchée sur un gros rocher, une jeune fille de minorité ethnique contemple le paysage. En m'approchant, je m'aperçois qu'elle tient un téléphone mobile à la main...
Xin Man-Vinh LocPascal, Hang et moi décidons de faire demi-tour avant que les douaniers chinois ne nous interceptent. A cet endroit, la frontière n'est pas "ouverte" aux voyageurs de passage, encore moins à ceux qui ne possèdent pas de visa...
Chinese border

On revient donc sur nos pas et on attend patiemment nos deux compères de l'autre côté du pont. De longues minutes plus tard, les voilà qui arrivent la mine défaite. Pascal C. n'en peut plus, il craque. Après la journée très éprouvante d'hier, il n'a pas supporté cette nouvelle déconvenue chinoise. Il décide de regagner Xín Mần et de rallier Hanoi en bus (sa moto l'accompagnera dans le coffre ou sur le toit). La suite lui donnera sans doute raison, car à plusieurs reprises nous aurons une petite pensée pour notre ami, devant les quelques difficultés qui vont encore entraver notre progression.


Xin Man-Vinh LocXin Man-Vinh Loc
Après seulement une petite heure, nous voilà plus que 4 à poursuivre la route. La pluie s'est mise à tomber de nouveau. On décide sagement de renoncer à Ha Giang et de descendre plus au sud vers le lac Ba Bé. La distance est longue mais la route semble bonne, du moins sur la carte... On ne va pas regretter cette décision car la route qui va de Xín Mần à Hoàng Sù Phi est superbe, dominant des cultures en terrasses d'un vert éclatant.
Xin Man-Vinh LocXin Man-Vinh Loc
On arrive à Hoàng Sù Phi vers 9 heures, idéal pour notre pause petit-déjeuner synonyme de phở, la soupe traditionnelle à base de pâtes de riz (bún) -à ne pas confondre avec les pâtes de blé (mì)-, véritable institution au Vietnam.
Hoang Su PhiHoang Su Phi pho
Petite échoppe obscure donnant sur la rue, arrière cuisine encore plus obscure (où un enfant fait la vaisselle dans une bassine), mais sans doute le meilleur phở* qu'il m'ait été donné de goûter depuis 3 ans que j'arpente ce pays.
Hoang Su Phi phớHoang Su Phi phớHoang Su Phi phớ
La patronne, bien charpentée, se fait un plaisir de nous préparer ces quelques bols de soupe qui vont nous permettre de poursuivre notre route le ventre plein.

*Pour les fanatiques du phở, la soupe nationale, véritable institution au Vietnam, voici un lien vers un article du journal "Le Monde" qui revient sur l'origine du breuvage divin: http://www.lemonde.fr/style/article...

vendredi 12 octobre 2012

Carnet de route Bắc Hà-Xín Mần

Bac Ha-Xin ManDépart tôt ce matin du 3/10/12, à la fraîche, car l'étape d'aujourd'hui qui doit nous mener à Ha Giang, à 150Km plus à l'est, s'annonce la plus difficile du parcours. Elle va tenir toute ses promesses et même au-delà...
Il fait humide et froid, une brume épaisse a recouvert les sommets, nous faisant évoluer dans une atmosphère un peu irréelle (ça me rappelle un peu ces croisières dans la brume, en Bretagne nord, où on distingue à peine les rochers...). On n'a pas trop le temps de contempler le paysage car très vite, les premières difficultés commencent.



Bac Ha-Xin ManBac Ha-Xin ManBac Ha-Xin ManBac Ha-Xin Man
On parcourt 16Km sur une mauvaise piste en cours de travaux avant de se rendre compte qu'on fait fausse route. On doit faire demi-tour et repasser les mêmes difficultés en sens inverse.
Bac Ha-Xin Man
On fait une dernière photo de groupe avant de revenir sur nos pas (notez qu'à ce moment, tout le monde a encore le sourire).

Bac Ha-Xin ManBac Ha-Xin ManBac Ha-Xin ManBac Ha-Xin Man
Bac Ha-Xin ManBac Ha-Xin ManBac Ha-Xin Man
On s'engage donc sur la "bonne" piste qui ressemble plus à un chemin boueux. En chemin on croise quelques hommes et femmes de minorités ethniques avec leur chargement sur le dos et des livreurs de volailles à moto. Quelques enfants se rendent à l'école pieds nus et sourient à notre passage.

Bac Ha-Xin ManBac Ha-Xin Man
A peine un kilomètre plus loin on est bloqué par des engins de chantier qui refont ou plutôt qui font la route. La dernière moto met un peu de temps à nous rejoindre. Je décide de faire demi-tour pour aller voir. Au premier virage j'aperçois Dominique étendue à terre et Gérard un peu choqué. La moto est étalée dans la terre, ils viennent de faire une mauvaise chute.
Bac Ha-Xin Man Dominique est consciente, elle se plaint de son genou gauche. Je l'examine rapidement, pas d'oedème, elle arrive à plier doucement l'articulation. Plus de peur que de mal semble t-il. Gérard a fait une culbute par dessus le guidon mais il va bien, juste une petite contusion au visage. La moto n'a pas trop souffert, la pédale de vitesse est tordue mais on parvient à redresser à l'aide de la clé à bougie. Nous parvenons à rejoindre l'autre moitié du groupe prévenue par téléphone (incroyable d'avoir du réseau dans ce coin perdu!).
Attelle en bambouMais quelques minutes plus tard, il faut se rendre à l'évidence, Dominique ne peut plus continuer, son genou a enflé et elle a maintenant une belle hémarthrose qui la fait souffrir énormément. On décide de rallier le village le plus proche à moto (il n'y a aucune voiture dans les parages), encore faut-il immobiliser son genou. L'ingéniosité de nos deux Pascal va faire des merveilles: le premier a un rouleau d'élastoplaste et le deuxième a trouvé avec un morceau de bambou qui fera office d'attelle! Il suffit d'installer un système d'étrier à l'aide d'une cordelette et le tour est joué.
On parvient donc à rallier le village de Xín Mần, situé à une trentaine de kilomètres de là, non sans quelques chutes sans gravité du moins pour les hommes: ma moto fini avec le tableau de bord explosé, le guidon tordu et le rétroviseur cassé (merci Gérard...). Notre petit groupe pénètre dans Xín Mần peu avant 15h.
Xin Man marketXin Man marketXin Man marketXin Man market
Il reste encore quelques femmes de minorités ethniques, vêtues de bleu, venues vendre leurs volailles au marcher. Nous garons nos motos sur la place du village et nous installons dans un petit restaurant "Quan an" pour déguster un bol de phở bien mérité. Un petit attroupement se forme rapidement. Ce n'est pas tous les jours que des touristes "visitent" leur village qui plus est à moto et avec une blessée! Les villageois, qui s'inquiètent de l'état de Dominique, nous signalent qu'il existe un hôpital à Xín Mần! Quelques minutes plus tard, je m'y rend accompagné de Hang qui me sert d'interprète. Première désillusion, ils n'ont pas de béquilles, il faut aller chez le menuisier! Par contre, ils arrivent à dénicher une attelle de genou à peu près en état. Elle a sans doute vu défiler pas mal de genoux, mais même pour 500.000VND c'est inespéré.
Xin Man marketXin Man garage
On fait un petit détour par le réparateur de moto qui a coup de meuleuse parvient adapter l'attelle parfaitement. Refusant le moindre billet, on décide de lui confier deux de nos motos qui ont bien besoin de ses soins: carburateur à nettoyer pour l'une et rétroviseur à changer pour la mienne. Merci l'artiste (le type accroupi à droite de la moto).

Xin Man marketXin Man marketXin Man market
Un peu exténué par toutes ces péripéties, on décide de faire halte à Xín Mần pour ne repartir que demain matin à Hà Giang. Tant pis pour le programme mais il faut s'adapter aux circonstances. On s'installe dans une "Nha Nghi" (littéralement "maison repos", la bien nommée, genre d'auberge bon marché à 200.000VND la nuit). Dominique, elle, rejoindra Hanoi en bus ce soir, sur les coups de minuit (plus de 10h de route mais avec les passagers aux petits soins avec elle).

Au total, sur les 150Km prévu, nous n'aurons parcouru de 60Km en près de 8 heures, soit à peine 8Km/heure: la vitesse d'une marche rapide...

mercredi 3 octobre 2012

Carnet de route: Yên Bái - Bắc Hà

Yen Bai-Mau A
Deuxième jour de notre périple à moto sur nos 125cc Honda. On a quitté Yên Bái hier matin pour remonter plein nord jusqu'à la frontière Chinoise, en longeant la voie ferrée qui va de Hanoi à Kunming dans le Yunnan (voie construite du temps de l'Indochine entre 1904 et 1910 pour pénétrer l'empire du milieu et prendre de vitesse les Anglais qui tentaient la même chose depuis la Birmanie: http://fr.wikipedia.org/wiki/Chemin...).
Yen Bai-Bac Ha

Yen Bai-Bac HaPascal, le commandant en Chef de notre escouade nous a fait passer par des chemins dont lui même ignorait l'existance! Le paysage de plaine laisse progressivement place à des collines verdoyantes. C'est un régal pour les yeux. Pour le motard en herbe que je suis, c'est un vrai plaisir de circuler sur ces chemins creux et secs (pour le moment). Il faut cependant rester concentré sur la conduite car la contemplation du paysage pourrait rapidement nous amener "au tapis" ou nous faire "manger a poussière"...


Yen Bai-Mau AYen Bai-Mau A
Yen Bai-Mau AYen Bai-Mau A
On s'est retrouvé au milieu de la pampa a essayer de progresser entre les ornières et les chemins creux. On a perdu une partie du groupe avant de les retrouver une heure et quelques péripéties plus tard. Ceux-ci ayant délibérément fait demi-tour avant de s'en rendre compte 10Km plus loin!
Motorbike tripMotorbike trip

Finalement on est arrivé à Bắc Hà après avoir franchi un ultime col, vers 18h alors que notre "ETA" était prévue pour 15h...
Yen Bai-Bac HaYen Bai-Bac Ha
Yen Bai-Mau AYen Bai-Mau A
Yen Bai-Mau AYen Bai-Bac Ha
Bắc Hà est une grosse bourgade de montagne située à 940m d'altitude, point de départ de nombreuses excursions vers les villages H'mong allant tour. Il fait un peu froid, à peine 10 degrés en arrivant hier soir. J'ai enfilé ma polaire North Face que je n'avais pas sortie depuis bien longtemps. Le soir on a mangé du cheval (!) arrosé de vodka de maïs (!!).
Yen Bai-Mau A
Demain -aujourd'hui- on repart vers Ha Giang. Pascal a fait le programme de la journée. Il y a juste un petit problème: la route qu'il veut nous faire prendre n'existe pas sur la carte. Mais comme le jeune homme du restaurant lui a dit qu'il y avait un chemin... Je vous raconterai ça demain si j'arrive en entier et si je trouve du wifi pour mon IPhone. Ca fait beaucoup de conditions...

Merci à Dominique pour sa contribution photographique à ce billet, perchée à l'arrière de ma moto, tel un caméraman du tour de France, et également à Pascal pour ses superbes clichés au téléobjectif

Carnet de route Hanoi-Yên Bái

North Vietnam moto trip
Dernière aventure Indochinoise avant mon retour prévu dans une huitaine de jours: un trip moto avec une bande de potes habitués à sillonner l'Asie à 2 roues. Au programe, le nord Vietnam et plus précisement la région entre Lao Cai et Ha Giang, en bordure de frontrière Chinoise. La région est considérée par les Vietnamien comme le berceau de la Nation.
Hanoi-Yen Bai
Cette région fut le théatre de nombreuses invasions Chinoises (la dernière en 1979 seulement) à chaque fois repoussées vaillamment. Plus récemment, durant la période coloniale, de nombreuses batailles y furent livrées dont la plus connue, Dien Bien Phu, situé un peu plus à l'ouest, près du Laos. C'est aussi dans cette région montagneuse et reculée du Bac Bo que Ho Chi Minh installa son QG qui allait lui permettre de proclamer l'indépendance du Vietnam dès 1945.
Hanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen Bai
Mais revenons a notre périple du jour. Nous avons quitté Hanoi il y a 2 jours pour prendre la direction nord nord ouest. En chemin on longe le "fleuve rouge", vaste étendue d'eau brune tirant sur le rose (en Vietnamien le fleuve se dit "Sông Hồng", fleuve rose).

Hanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen BaiHanoi-Yen Bai
Peu après la sortie de Hanoi, on traverse des villages où l'on fait sécher des planches d'écorce de bois et du foin sur la chaussée. C'est la saison des moissons et cela donne de superbes couleurs jaunes. On croise des troupeaux de buffles nonchalants qui se prélassent dans des marres. Des paysans s'affairent à la récolte du riz (nous sommes en début de saison des moissons).
Hanoi-Yen Bai
En chemin on s'arrête devant une briquetterie où travaillent de jeunes hommes en pijama rayé. Ceux sont des prisonniers! Un type en uniforme militaire nous fait comprendre de dégager...
Hanoi-Yen Bai
On arrive à Yên Bái en fin d'après midi, juste à temps pour prendre une douche et un "full body massage" entre des mains expertes. Rien de tel pour récupérer après une journée de moto.

PascalMerci à Pascal "Oin Oin" pour sa contribution photographique à ce billet et à ceux qui vont suivre...

dimanche 23 septembre 2012

Hôm qua, toî đi chơi với bạn đồng nghiệp để chào tạm biệt

Farewell party
Dans quelques jours, je quitterai le Vietnam pour regagner le vieux continent. Je refermerai alors cette parenthèse de 3 années passée à sillonner l'Asie du sud-est. Trois années où j'ai aussi côtoyé de nouveaux collègues de travail que j'ai appris à apprécier au fil des mois. Bien sûr, il y a eu quelques problèmes de communication au début, liés à la langue mais aussi à une culture de travail différente. Finalement, je crois que travailler dans cet environnement linguistique "hostile" aura été très enrichissant même s'il a fallu parfois s'arracher les cheveux pour se faire comprendre. C'est aussi ces difficultés qui rendent le travail intéressant lui donnant une certaine touche d'exotisme. Examiner un patient qui ne parle pas un mot d'anglais (je ne parle même pas du français) et qui se fait traduire mes questions par une infirmière, c'est déjà un exercice difficile. Si maintenant vous prenez un patient Chinois, Coréen ou japonais, vous imaginez la difficulté. Cela tient parfois plus à de la médecine vétérinaire.
Farewell party
Finalement c'est grâce à cette équipe habituée maintenant à jongler avec 2 ou 3 langues que j'ai pu m'intégrer dans le service sans trop de difficultés. Hier soir, j'ai donc voulu les remercier de la façon la plus "Vietnamienne" qui soit: soirée repas-karaoké au restaurant Muối Tiêu Chanh, un lieu idéal pour ce genre de festivités. Pour rajouter une petite touche "couleur locale", j'avais lancé sur le ton de la boutade: "tenue Ao Dai exigée", la tunique traditionnelle Vietnamienne. Promesse tenue, grâce à l'infatigable Bác Sĩ Diem!
Farewell partyFarewell partyFarewell partyFarewell party
Demain, c'est une autre page qui se tourne. L'hôpital Franco-Vietnamien ne porte plus depuis longtemps ce nom qui a été remplacé par celui de "FV hospital", alors même que la lettre "F" n'existe pas en Vietnamien. L'hôpital se "vietnamise" donc à marche forcée. C'est une évolution naturelle et dans un sens logique, mais je me dis parfois que ce qui faisait la richesse et l'originalité de cet hôpital, c'est justement ce multiculturalisme.
Farewell partyFarewell partyFarewell partyFarewell partyFarewell party

Un grand merci à cette équipe (il serait trop long de les citer tous) avec qui j'ai passé des moments inoubliables, des moments très durs parfois, mais aussi de purs moments de bonheur et de complicité comme ceux de hier soir.
Farewell party

PS: Pour les habitués de ce blog, rassurez vous, l'aventure continue. Dans une semaine, je repars sillonner le nord Vietnam à moto. Et puis il y a plein de "rush" -comme ceux de ce dernier voyage au Myanmar- qui ne demandent qu'à être mis en ligne. Encore faut-il que je trouve le temps...

dimanche 9 septembre 2012

Tôi khong thích mùi sầu riêng

Sau Rieng
Il y a quelques mois, je vous avais parlé de l'incroyable richesse des fruits du Vietnam. A l'époque, je m'étais bien gardé de vous parler du "roi" des fruits Vietnamiens, le durian. Celui-ci mérite en effet un petit article à lui tout seul. En vietnamien, Durian se dit sầu riêng, qui se prononce un peu comme "ça ou rien" en roulant le "R" à la mode russe. Nombres de Vietnamiens considèrent en effet ce fruit insolite comme le meilleur des fruits.
Sau Rieng
Il faut dire qu'il a de l'allure avec sa coque hérissée de piquants, tel un gros hérisson. De manière moins poétique, il est parfois comparé au virus HIV. Coté goût, je dois me fier à ce qu'en disent mes collègues qui le trouvent succulent.
Durian
En effet, je n'ai pas encore réussi à franchir le pas tant l'odeur qu'il dégage m'a toujours rebuté. Cette fragrance est en effet particulièrement évocatrice. Elle a largement contribué à façonner la légende du durian, mais elle en a fait aussi un fruit maudit, interdit dans les avions et certains hôtels en asie, comme en témoigne cette photo prise au Summit Park View à Yangon.
Durian forbiden

A défaut de pouvoir vous faire partager son odeur, je m'en remet à Léon Werth journaliste écrivain qui en 1926 lui consacre un court paragraphe dans son livre "Cochinchine":
Le Dourian ressemble à un petit jaquier. Imaginez l'enveloppe à piquants d'un marron d'Inde, contenant un fruit gros comme un melon. Mais le durian est un fruit difficile, un fruit auquel on n'accède point du premier coup. Son odeur, pour la désigner, il suffit de n'oser point la nommer. Oui...c'est bien de cela que cela sent. Qyand on passe devant un étalage de dourians, cette odeur vous poursuit et elle prête à une déplorable confusion. Au g.oût, cela rappelle le camembert d'abord, un camembert sucré.

Autre description encore plus imagée d'Anthony Bourdain qui évoque son expérience après avoir goûté au durian:
Votre haleine ressemblera à celle que vous auriez si vous aviez embrassé intensément votre grand-mère morte depuis des lustres.

C'est promis, je ne quitterai pas le Vietnam sans avoir goûté au "roi des fruits".

dimanche 2 septembre 2012

Hôm nay là ngày quốc khánh Việt Nam!

Independance day
C'est aujourd'hui le 67 anniversaire de l'indépendance du Vietnam. C'est en effet le 2 septembre 1945, place Ba Dinh à Hanoi, que Ho Chi Minh lu pour la première fois la déclaration d'indépendance de la "République Démocratique du Vietnam". Le monde sortait à peine de la seconde guerre mondiale. Cette même date du 2 septembre 45 marque d'ailleurs aussi la capitulation du Japon à bord de l'USS Missouri en baie de Tokyo.

Independance dayQuelques semaines auparavant, Ho Chi Minh déclarait le soulèvement général contre l'occupant Japonais. Cette insurrection, connue sous le nom de Révolution d'Aout (Cách mạng tháng Tám en Vietnamien), pris de vitesse les français qui au même moment tentaient de reprendre pied en Indochine.
Il s'en suivra une période très trouble durant laquelle le Corps Expéditionnaire d'Extrême Orient tentera de rétablir la souveraineté française sur ses territoires Indochinois. C'est le début de la guerre d'Indochine qui se terminera moins d'une décennie plus tard par la défaite de Dien Bien Phu et le départ définitif des français.

vendredi 31 août 2012

Sự trở về Con Đao

Con Dao island
Il y a quelques mois je vous avais déjà amené sur cette île perdue tout au sud de la péninsule indochinoise. L'île de Con Dao bien connue pour ses bagnes et ses plages désertes. Cette fois-ci le ciel nuageux et le vent donnaient aux paysages de la façade ouest un petit air d'île de la désolation.

Con Dao island
A la pointe sud ouest, un piton rocheux odontoïde s'élève majestueusement, balayé par les vents. C'est un peu le "Cap Horn" du Vietnam, avec les albatros en moins et quelques degrés de plus (latitude 8°Nord contre 55°Sud pour le Horn...). La route qui longe le littoral jusqu'au petit port situé dans la baie de Ben Dam fut construite par les bagnards "annamites" astreints aux travaux forcés.
Con Dao islandCon Dao road trip
Une stèle vient rappeler que le 12 décembre 1952, un groupe 198 prisonniers en profitèrent pour se faire la malle en s'échappant à bord d'une embarcation de fortune. Les courants et les vents contraires les ramenèrent au rivage de Con Dao. 81 personnes y laissèrent leur vie.

Con Dao island
A peine un kilomètre plus loin, avant d'arriver au petit port de Ben Dam, des engins de chantier s'affairent au terrassement d'une vaste de zone en bordure de rivage. La scène est un peu surréaliste quand on aperçoit ce champ de palmiers là où il n'y avait que broussailles il y a quelques mois. Des panneaux à l'entrée, indiquent qu'il s'agit d'un futur complexe touristique de luxe Vietnamo-Russe (du lịch nghỉ mát việt nga) de 5 étages (Khách sạn 5 tầng) avec karaoké et peut-être casino, comme en raffolent les Vietnamiens. Le drapeau russe venant rappeler qu'il s'agit d'un projet financé par des capitaux étrangers, comme beaucoup de projets immobiliers ici. Les futurs touristes qui viendront se prélasser sur la future plage artificielle sauront-ils qu'il y a à peine 60 ans, des prisonniers politiques y cassaient des cailloux?

Con Dao island
Je continue ma route vers le port. Au bout de la jetée, des bateaux de pêche multicolores viennent faire relâche en journée avant de repartir cette nuit pour pêcher au lamparo. Le spectacle est superbe avec les "montagnes" en arrière plan.
Con Dao island
Alors qu'un superbe bateau noir et rouge s'apprête à accoster, un jeune marin me lance un gros orin et me demande d'amarrer le bazar au quai! J'ai l'impression de me retrouver 20 ans en arrière quand je déambulais sur les quais du petit port de pêche de Lesconil dans ma Bigoudénie natale.

jeudi 16 août 2012

Tôi thích sữa tươi Việt

Lait suisse
Il y a quelques semaines, en parcourant le rayon "produits laitiers" de mon supermarché préféré, je suis tombé sur un étalage de bouteilles de lait importées de différents pays: Australie, Nouvelle Zélande, France. Dernièrement, le lait Suisse Emmi a également fait son apparition en force sur les étalages Vietnamiens.

Lait Paysan Breton
On peut même y trouver ces étonnantes bouteilles de lait "Paysan Breton" avec emballage écrit en Vietnamien: "sữa tươi pháp" pour "Lait frais français". A y regarder de plus près, ces bouteilles sont bien produites en Bretagne (dans le 56). Destinées à l'exportation au Vietnam, elles possèdent un emballage spécial et sont ensuite acheminées par cargos vers l'Asie via le canal de Suez probablement en containers frigorifiques. On imagine le coût et la facture carbone de cette brique de lait qui a traversé deux océans et deux mers pour atterrir finalement sur la table du consommateur Vietnamien. La Société Laïta qui possède la marque Paysan Breton réalise ainsi 10% de son chiffre d'affaire hors Union Européenne.
Dalat Milk
Le Vietnam n'a peut-être pas de vaches à lait me direz-vous? Détrompez-vous, on trouve de lait Vietnamien partout. La société Vinamilk est leader du marché local suivie de la société Dalat Milk.
Dalat MilkPour une fois, le Breton que je suis a donc décidé de boycotter le lait Paysan Breton pour lui préférer le Dalat Milk, une excellente production locale du plateau de Lang Bian, près de Dalat. Au diable la mondialisation. Une autre bonne raison de boire du lait de Dalat, c'est qu'il est deux fois moins cher que ses concurrents Bretons, Suisses ou Néozélandais.
Pourtant je continue à tartiner du beurre Paysan Breton sur les pancakes du breakfast, avec l'excuse qu'il n'existe pas de beurre Vietnamien. Difficile de renoncer complètement à ses habitudes.

Voici un extrait du dossier de presse de la marque Bretonne avec un petit passage sur le respect de l'environnement:

''Chez Paysan Breton, la préservation de la terre et le respect de l’environnement font partie intégrante des modes de fonctionnement à tous les stades de la Charte Qualité. La mise en place de bonnes pratiques environnementales permet chaque année à la marque de réduire toujours plus l’impact de ses activités sur l’environnement''.

Amis Bretons, continuez à boire du lait Paysan Breton en Bretagne mais préférez le Dalat Milk au Vietnam!

Dalat Milk website: http://www.dalatmilk.com/en.html

samedi 11 août 2012

Tôi mới đi du lịch ở Dak lak bằng xe đò (3)

Hồ Lak
Le lendemain, direction le lac Lak. En Vietnamien, lac se dit "hồ", ce qui évite ce bégaiement. On quitte les plantations de café pour un paysage plus conforme à l'imaginaire collectif: vastes rizières d'un vert clair avec leurs repiqueuses de riz coiffées du célèbre chapeau cônique en feuille de latanier.
Dak LakDak Lak
Dak LakDak Lak
Buffles massifs déambulant sur les chemins. Il y a juste cet éléphant qui semble perdu au bord de ce lac qui donne une petite touche insolite. Pourtant, la région de Buon Ma Thuot était jadis peuplée ce ces pachidermes sauvages. Aujourd'hui, l'éléphant du Vietnam est en voie de disparition. Dak Lak tourist, l'organisme publique qui gère le tourisme dans la région, propose des balades à dos de ces mastodontes pour faire oublier cette triste réalité.
Dak LakHồ Lak
Hồ LakHồ Lak
Hồ LakHồ Lak

Mon petit tour du lac Lak se termine par une ultime averse. Moi, le Breton habitué aux caprices du ciel, je me vois contraint de garer ma Honda en attendant que le ciel se calme. Une vieille Mmong passe devant moi avec sa hotte sur le dos, sans se préoccuper des trombes d'eau qui continuent à tomber.

Dak Lak

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