Bluetran's Blog in Vietnam

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mardi 11 octobre 2011

Bal(l)ade Balinaise

Ubud
je dédie ce billet à toutes celles et ceux pour qui l'école était un cauchemar. Ceux pour qui le chemin de l'école était un chemin de croix avant d'aller affronter l'univers scolaire. Personnellement, je n'ai pas eu à me plaindre car jusqu'à mes dix ans, j'allais soit à pieds soit à vélo de mon quartier de "Ménez-Roz", à l'époque en rase campagne, jusqu'à ma petite école primaire de Lesconil, petit port de pêche du pays Bigouden.
UbudUbudUbudUbud
A des milliers de kilomètres de là, au beau milieu de cette île magique de Bali, des enfants prennent tous les jours ce chemin de crêtes qui les mènent jusqu'à l'école publique d'Ubud. Le chemin serpente à travers les hautes herbes, sur près de deux kilomètres, bordé de part et d'autre par deux ravines profondes où l'on perçoit le bruit d'un torrent.
UbudUbudUbudUbud
Et je ne peux m'empêcher de penser que tous les enfants du monde n'ont pas cette chance, que celui ou celle que l'on croise dans les transports en commun d'une grande agglomération, les écouteurs de son ipod vissés sur les oreilles, ne connaîtra sans doute jamais ce plaisir simple d'aller tous les matins à l'école.

En sortant de l'école nous avons rencontré un grand chemin de fer qui nous a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré...

lundi 10 octobre 2011

Plougastel-Vietnam, il n'y a pas que moi!

Plougastel-vietnam
Drôle de surprise ce matin en ouvrant le "telegramme.com". A la page Plougastel, mon bled d'adoption, une page sur la coopération entre Brest-Métropole-Océane et la région de Ba-Ria Vung Tau, située tout près d'ici. Je savais déjà que le monde était petit. La prochaine fois qu'ils viennent rendre visite au pays de la fraise, je leur demanderai de me ramener une barquette de gariguettes.

http://brest.letelegramme.com/local...

dimanche 2 octobre 2011

Cérémonie de crémation à Bali

Bali Crémation
Bon, tout d'abord "Xin Lôi". Le blog était un peu au point mort depuis mon retour au Vietnam il y a 3 semaines. Il faut dire qu'entre mes leçons de Vietnamien que je me suis enfin décidé à prendre (2x2 heures/semaine en cours du soir à la Fac.), le boulot aux urgences et toujours le saxophone, cela ne me laisse pas trop de temps pour faire preuve d'originalité et de créativité.
Bali Crémation
Pour me faire pardonner, voici un des moments les plus forts qu'il m'a été donné d'assister depuis que cette aventure a débuté. Petit retour en arrière d'une année. En août 2010, attiré par l'Indonésie, nous y avions passé une dizaine de jours. A Bali, plus précisément, cette petite île est bien connue des touristes pour ses plages, ses spots de surf et son artisanat local.
Bali Crémation
Mais c'est de tout autre chose que je voudrais vous parler. Après quelques jours passés à sillonner l'île avec Agun, notre chauffeur, celui-ci nous demande si nous avons quelque chose de prévu ce jeudi 26 août. Devant notre mine perplexe, il nous invite à assister à la "Cérémonie de crémation" de sa tante. La malheureuse venait de décéder d'une crise d'asthme quelques jours avant à l'âge de 40 ans (pas de SMUR ni de SAMU ici...).
Bali Crémation
Si l'Indonésie est à majorité Musulmane (c'est même le pays Islamique le plus peuplé au monde), la petite île de Bali fait office d'exception car elle est la seule où l'Hindouisme prévaut. Les temples dédiés aux dieux et aux divinités hindouistes sont partout, et la population passe une bonne partie du temps aux offrandes et aux cérémonies religieuses. Parmi celles-ci, la crémation est un moment particulier sensé permettre à l'âme du défunt d'accéder au monde des esprits.
Agun
On se retrouve donc chez la Tante d'Agun ce jeudi 26 août. Toute la famille est réunie pour la cérémonie qui est, avec la naissance et la mariage, l'un des temps forts, comme dans toute religion. Les femmes ont revêtu leurs plus beaux sarongs, très colorés, alors que les hommes portent des couleurs plutôt sombres.
Bali Crémation
La cérémonie va durer toute la journée, nous menant de la maison au lieu de crémation situé dans une clairière à 2Km de là. Distance qu'il faudra franchir à pied en suivant le cortège derrière un espèce de char sur lequel on a perché le cercueil tiré à la force des bras. Un orchestre de musique traditionnelle nous accompagne toute la journée.
Bali Crémation
En chemin on croise des écoliers qui regardent ce défilé avec indifférence. Vient alors la crémation qui se déroule sur plusieurs heures. D'abord on place la dépouille dans un espèce de linceul puis on met le feu au char avant de commencer à brûler la dépouille.
Bali CrémationBali CrémationBali CrémationBali Crémation
Un espèce de lance flammes à remplacé le traditionnel bucher mais à part ce détail, c'est un rituel qui remonte sans doute très loin dans le temps.
Bali CrémationBali CrémationBali CrémationBali Crémation
Tout cela va prendre plusieurs heures durant lesquelles les hommes d'un coté et les femmes de l'autre échangent quelques conversations toujours aux sons de l'orchestre qui joue une espèce de mélodie répétitive.
Bali Crémation
Au bout d'un moment arrive un personnage imposant -dans tous les sens du terme-. Il s'agit du "prêtre", tout de blanc vêtu qui trône au milieu d'un petit autel et qui agite frénétiquement sa petite clochette pendant une bonne heure, en proférant des incantations.
Bali CrémationBali Crémation
Agun nous explique alors, non sans humour, qu'il fait tout ce tralala pour justifier sa paye. Il faut dire que cette cérémonie coûte beaucoup d'argent, et que certains Balinais ne peuvent s'offrir qu'une cérémonie collective...
Bali CrémationBali CrémationBali CrémationBali Crémation
Vers le milieu de l'après midi, on récupère les cendres de la défunte pour aller les porter à la rivière.
Bali Crémation
La petite procession reprend la route à travers champs pour se rendre sur les berges d'un petit cours d'eau, à quelques kilomètres de là.
Bali CrémationBali CrémationBali CrémationBali Crémation
De nouveau on assiste à un petit rituel où un des convives finit par sauter dans l'eau à pieds joints avec les cendres qui seront rapidement emportées par le courant jusqu'à la mer...

Quelques jours après cette cérémonie, en faisant mon jogging matinal sur la plage de Sanur, je suis tombé sur un petit paquet de cendres que la marée avait déposé sur le sable. Peut-être une partie des cendres de la tante d'Agun qui n'avaient pas encore trouvé le chemin du monde des esprits...

lundi 12 septembre 2011

Brest l'Asiatique

Brest Asie
Non vous n'êtes pas avenue de Choisy dans le 13ème arrondissement de Paris mais bien à Brest même. L'autre jour, ma petite ballade Brestoise entre deux gouttes de pluies m'a mené à la recherche des liens entre la cité du Ponant et l'Asie. Mis à part la rue de Siam dont je vous ai déjà parlé, il faut se tourner vers la restauration pour retrouver des traces essentiellement sino-vietnamiennes (les Sushi bars n'ont pas encore envahi la pointe bretonne...). Vous aurez bien noté que la plupart des restaurants affichent la double origine chinoise et vietnamienne, même si les deux cuisines sont à la fois proches et éloignées. Comme quoi la cohabitation est plus facile dans les assiettes qu'aux frontières terrestres et maritimes.

Brest AsieBrest AsieBrest AsieBrest AsieBrest AsieBrest Asie Brest Asie

Cinq questions subsidiaires:

  1. Pourquoi les devantures des restaurants Sino-Vietnamiens sont-elles toujours rouge?
  2. Lequel de ces restaurants sert les fameux Banh Xéo?
  3. Un de ces restaurants propose un plat qui n'a rien d'asiatique. Lequel?
  4. Qu'est-ce que le syndrome du restaurant chinois?
  5. Une seule erreur s'est glissée dans les huit photos ci-dessus, j'ai bien dit une seule erreur. Laquelle est l'intruse?


Le gagnant ou la gagnante aura droit à un repas dans le meilleur restaurant Vietnamien de Brest ou le meilleur restaurant Français de Ho Chi Minh, selon son choix.
La prochaine fois je vous parlerai des traces de la France à Saïgon...

mercredi 7 septembre 2011

Une autre histoire de Bretons en Indochine: La "Tonkinoise de l'île de Groix" et les mandarins français du roi Gia Long

Rue de Siam
De passage à Brest pour une courte escale, je me suis rendu à la fameuse librairie "Dialogue", rue de Siam. Ce nom n'est pas anodin car il est le témoin des liens qui unirent jadis cette ville portuaire à cette région si éloignée et il fait écho à l'histoire que je vais vous raconter.

La Tonkinoise de l'île de GroixC'est donc en flânant dans les rayonnages de bouquins que je suis tombé sur ce petit livre intitulé "La Tonkinoise de l'île de Groix", d'une certaine Dominique Rolland, maître de conférence à l'Institut National des langues et civilisations orientales. Je me suis donc assis sur une des banquettes pour me plonger dans cette histoire racontée avec talent comme une énigme policière.
Jean Baptiste ChaigneauIl s'agit de l'épopée de ceux qu'on appelle les "mandarins français" de Gia Long, une poignée d'hommes qui aidèrent cet empereur, à la fin du XVIII siècle, à retrouver le trône dont il avait été chassé par une révolte. Deux de ces mandarins étaient Bretons, vécurent à Hué et revinrent finalement mourir à Lorient, trente ans plus tard. A Lorient où aujourd'hui deux rues portent leur noms. Ils s'appelaient Jean Baptiste Chaigneau et Philippe Vannier.
Un troisième mandarin, qui s'appelait Laurent Barisy, natif de Groix, eut avec une Cochinchinoise, en 1800, une fille prénommée Hélène. De sa mère on ne sait rien si ce n'est qu'elle meurt en couche en donnant la vie à sa fille. A la mort de son père, peu de temps après, elle fut confiée à JB Chaigneau qui finalement l'épousa alors qu'elle n'avait que 17 ans...
Au retour de Cochinchine après plus de vingt années au service de l'empereur Gia Long, Chaigneau embarquera avec "femmes et enfants" vers sa ville natale de Lorient où il s'installera pour y mourir en 1832. Hélène, sa jeune femme, lui survivra encore 21 ans avant de s'éteindre à l'âge de 53 ans. C'est elle la "Tonkinoise de l'île de Groix", cette première métisse franco-annamite qui fut sans doute arrachée à sa terre natale indochinoise pour venir finir ses jours à 10.000Km de là, dans une ville qui n'avait d'Orient que le nom...
Voilà résumé très sommairement l'histoire de ces mandarins Bretons qu'aujourd'hui on appellerait peut-être mercenaires. Quelles étaient leurs motivations? L'argent, la conquête de nouvelles terres, l'aventure, l'exotisme, l'amour de ce pays, ou alors tout simplement la colonisation et l'extension de l'empire français ainsi que l'évangélisation qui allait de paire. Sans doute un peu de tout cela, c'est du moins ce qui ressort à demi-mots à la lecture de la correspondance de Chaigneau reproduite dans les Carnets de l'Ecole Française d'Extrême Orient que vous pouvez consulter ci-dessous. Il faut aussi se rappeler qu'à cette époque charnière entre ces deux siècles, la France tournait une des pages les plus tourmentées de son histoire...

En évoquant l'histoire de cette "Tonkinoise de l'île de Groix", je ne peux m'empêcher de penser à l'histoire de ma propre famille et à celle de tous les métissages de part le monde. Cette richesse complexe de deux origines, deux cultures et la difficulté qu'il y a, parfois, à faire coexister ces deux facettes de soi même.

Pour en savoir plus sur cette histoire méconnue:

  • Passeport pour Hué, la Tonkinoise de l'île de Groix, de Dominique Rolland, Elytis, avril 2011 (ISBN 978-2-35639-069-1)
  • Le blog de Domonique Rolland "Mes Tissages": http://vietdom.blog.lemonde.fr/
  • Les portes d'Annam, de François-Xavier Landrin, roman publié à compte d'auteur qui retrace l'histoire de ces mandarins français.
  • Correspondance datant de l'époque du roi Gia Long (5MB): Correspondances sous le roi Gia Long

lundi 22 août 2011

Partie de pêche à Mui Né

Dernière chronique de cette deuxième saison en Asie du Sud-Est, et avant de prendre congé quelques semaines, Bluetran's Blog revient à Mui Né, la station "branchée" à 5 heures de route au nord-est de Ho Chi Minh, pour retrouver ces pêcheurs que nous avions déjà croisés il y a quelques mois.

Fishing party at Mui Né
A Mui Né, il n'y a pas que des touristes qui viennent passer quelques jours le long de ses superbes plages, le temps d'un week-end ou d'un "team building". Il y a aussi et surtout des pêcheurs, qui existaient bien avant l'arrivée du tourisme et la transformation de cette paisible région côtière en un vaste complexe balnéaire, dans les années 1990.

Fishing party at Mui Né
Mais contrairement à quelques ports de pêche Bretons qui ont vu leur activité portuaire décliner, les pêcheurs de Mui Né ont encore de beaux jours devant eux, si on en juge par l'armada de centaines de fileyeurs qui mouillent tous les jours au petit port de pêche tout au bout de la plage. Ce sont ces même bateaux dont on peut voir les fanaux illuminer les nuits, telle une vaste guirlande posée sur la ligne d'horizon.

Fishing party at Mui Né
Autre exemple de résistance avec ces pêcheurs de bord de plage qui pratiquent une technique vieille comme le monde qui consiste à encercler un banc de poissons et à hisser le filet à la force des bras de part et d'autre de la plage. D'abord distants de quelques 300 mètres, les deux extrémités du filet se rejoindront après plusieurs heures d'efforts en mer comme à terre.

Fishing party at Mui Né
Bel exemple de solidarité inter-générationnelle, de jeunes hommes côtoient de vieille femmes pour hâler le filet à la force des bras. Chacun semble donner le meilleur de soi, à la mesure de ses forces. Ca et là, quelques rares touristes sont invités à prêter main forte, de la façon la plus naturelle qui soit.
Fishing party at Mui NéFishing party at Mui Né
Fishing party at Mui NéFishing party at Mui Né
Au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'acte final, la tension monte. Les ordres se font plus précis, car on peut tout perdre en quelques secondes d'inattention. Quelques poissons arrivent à sauver leur peau en sautant par dessus le filet, tandis que les calamars, dans un élan désespéré, déversent une dernière fois leur encre qui vient teinter l'eau telle une marée noire, en signe de deuil.
Fishing party at Mui NéFishing party at Mui NéFishing party at Mui NéFishing party at Mui Né
Au bout du compte et après une lutte qui aura commencé avant le levé du soleil, ce ne sont que quelques paniers de raies et surtout de petits poissons qui, une fois séchés au soleil, viendront assaisonner les plats vietnamiens sous la forme du fameux Nuoc Mam. Hier matin, la pêche avait été bien meilleure...

Fishing party at Mui Né
Vers 8h du matin, les pêcheurs laissent la place aux premiers touristes qui osent quitter leur "resort" pour fouler cette longue plage, sans se douter des efforts fournis quelques minutes auparavant.
Fishing party at Mui NéFishing party at Mui NéFishing party at Mui NéFishing party at Mui NéFishing party at Mui Né
Seuls restent les plus vieux, hommes et femmes, qui continuent à récolter les petits poissons encore pris dans les mailles et préparent déjà le filet pour la partie qui se jouera demain, au petit matin.

A bientôt pour de nouvelles aventures petites et grandes, banales et insolites au Vietnam et ailleurs...

vendredi 5 août 2011

Team Building à Mui Né

Team Building Mui NéC'était donc la semaine dernière. Pour célébrer mes deux années passées à leurs côtés, j'avais décidé de convier mon équipe des urgences du FVhospital à une sortie "team building" à la station balnéaire de Mui Né à 5 heures de route de Ho Chi Minh.'' J'ai essayé de trouver une traduction convenable de cette expression anglo-saxone un peu barbare, mais sans succès. Même le puissant Google translation me le ressort inchangé, avec juste l'accent franchouillard...
Je vais donc vous expliquer de quoi il s'agit et vous allez vite comprendre: Prenez un groupe de collègues de travail, sortez les de leur environnement professionnel habituel le temps d'un petit road-trip à bord d'un minibus un peu déglingué. Destination un lieu choisi avec soins (Resort en bord de plage). Agrémentez le tout avec un barbecue et quelques bonnes bouteilles de Bordeaux. Si en plus vous avez prévu la sono et le karaoké (indispensable ici pour une soirée réussie), alors c'est le succès assuré.
Team Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTa Cu mountainTa Cu mountainTa Cu mountainTeam Building Mui NéTeam Building Mui Né
Au programme donc, un départ au petit matin avec notre stock de boissons fraîches "pour la route". Après un petit contre-temps bien de chez nous -comprenez "à la Viet"- dû à une panne sèche à peine 5 minutes après le départ, tout s'est finalement bien passé. Petit déjeuner à base de soupes phơ puis direction la montagne Ta Cu avec son téléphérique et sa pagode au Bouddha couché "le plus long d'Asie" (environ 50 mètres!).
Team Building Mui NéTeam Building Mui Né
Arrivée à Mui Né dans la soirée, juste le temps de piquer une tête dans la mer (envahie de curieuses algues brunes pas plus grandes que des confettis) avant de déguster un barbecue de fruits de mer excellents aux sons du karaoké, et de boire une gorgée de "vin" traditionnel Vietnamien (16 degrés...).

Team Building Mui NéTeam Building Mui Né
Au petit matin je me suis quand même permis un petit footing le long de cette superbe "Suoi Nuoc beach" quasi déserte, histoire d'éliminer les "excès" de la veille.

Team Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui NéTeam Building Mui Né
Merci à cette équipe si attachante avec qui j'ai décidé de poursuivre l'aventure une année supplémentaire, moyennant quelques renoncements, ne pouvant me résoudre à quitter ce pays après seulement 24 mois...

Team Building Mui Né

vendredi 29 juillet 2011

Ballade au pays du latex

Heveas plantation
A une heure de route à l'est de Ho Chi Minh, la province de Dong Nai offre des paysages bien particuliers avec ses vastes plantations d'Hévéas Brasiliensis, l'arbre qui produit le latex qui deviendra après transformation, le caoutchouc (petite erreur de ma part dans le film qui suit, le latex-et non pas le caoutchouc- n'est pas la sève de l'hévéa, mais plutôt une sorte de résine).

Latex world production Latex production
Bien que situé loin derrière les principaux producteurs de la région que sont la Thaïlande, l'Indonésie et la Malaisie, le Vietnam occupe tout de même le 6ème rang mondial.
Site de la Société Internationale de Plantation d'Hévéas: http://www.siph.com/

Hevea treeC'est à la fin du 19ème siècle que l'hévéa est introduit au Vietnam par des colons français. Originaire d'Amérique du Sud (d'où son nom Hévéa Brasiliensis), l'hévéa est d'abord cultivé de manière expérimentale au jardin botanique de Saïgon. Alexandre Yersin, le "découvreur" du bacille de la peste, l'acclimate à Nha-Trang. D'autres colons vont rapidement s'intéresser à cette culture car l'industrie automobile est en plein essor et la découverte du procédé de vulcanisation un peu plus tôt par Charles Goodyear, ouvre des perspectives prometteuses. La suite est une épopée passionnante que JR de Kérichen nous a déjà raconté avec passion dans son blog: http://jrdekerichen.skyrock.com/3.h...

Hevea treePour revenir à la province de Dong Nai, c'est là que Vietadventure organisait son dernier raid VTT, le week-end dernier. Petite ballade de 12 kilomètres (le double pour les plus malchanceux comme moi qui se sont perdus en cours de route) dans une plantation d'hévéas encore en exploitation. L'occasion pour moi de voir de près cette culture et cette technique si particulière de collecte du latex par saignée.
Hevea plantationLe procédé décrit par JR n'a pas changé depuis plus d'un siècle puisque l'on croise toujours ces travailleurs venu tôt le matin vider les "bols" qui contiennent le précieux liquide blanc qui s'est collecté pendant la nuit. Tout au plus ont-ils remplacé la charrette à boeufs par une mobylette Honda...La prochaine fois que vous enfilerez vos gants en latex, ayez une petite pensée pour ces travailleurs venus "à la fraîche" récolter le nectar accumulé dans la nuit dans ces milliers de petits bols, quelque part dans la province de Dong Nai. Tout surpris de voir cet étranger les prendre en photo pour une activité aussi banale à leurs yeux.
Biking in Hevea plantationlatex collectionlatex collectionlatex collection

samedi 9 juillet 2011

Concrete jungle

Metropolis
Bangkok 2011 Bangkok au mois de juillet est un enfer urbain qui mérite tout de même le détour. Un passage éclair le temps d'assister à l'Asian Conference of Emergency Medicine, m'a permis de vérifier à quel point Fritz Lang était un visionnaire lorsqu'il réalisa "Métropolis" en 1927.



Bangkok 2011Fini les petites échoppes, les ruelles, les mobylettes et les cyclo-pousses. Place au bitume, au béton, à l'acier et au verre. La ville est en effet un gigantesque assemblage de buildings, de "shopping centers" qu'on appelle des "Mall".
Le centre ville est truffé de ces immenses centres commerciaux (Espace Jaures exposant 10) dont on se demande bien comment ils parviennent tous à prospérer.


Bangkok 2011Le tout traversé par un interminable réseau de trains aériens qui cheminent a 20 mètres au dessus du sol, porté par des poutres en béton reposant sur de puissantes colonnes.
Bangkok 2011Bangkok 2011Bangkok 2011Bangkok 2011Bangkok 2011
Tout cela donne vraiment une impression de jungle de béton entre laquelle des centaines de taxis multicolores essayent de se frayer un chemin. Aux heures de pointe, la circulation est complètement saturée et l'atmosphère devient étouffante. Même les ambulances restent engluées dans le "traffic jam".
Il y a pourtant, paraît-il, des pagodes et des temples à visiter à Bangkok. Sans doute cachés derrière une tour de 50 étages ou un Mall de 300 magasins de luxe...
Bangkok 2011
Bangkok 2011Seule solution pour s'aérer un peu, monter au sommet d'une de ces tours qui dominent la ville et regarder à 360° ces minuscules petits points qui essayent d'avancer.
Au sommet du "Central World", le "Red sky Bar" surplombe Bangkok du haut de son 51ème étage. On peut y boire une bière en écoutant Ella Fitzgerald, les yeux rivés sur cette ligne d'horizon derrière laquelle le soleil vient de disparaître.

dimanche 26 juin 2011

Les fruits vietnamiens pour les nuls (leçon n°2)

Vietnamese fruits Mieux que des mots, ce poster glané sur le net vous donnera un aperçu de la richesse des fruits vietnamiens. Bien sûr la liste n'est pas exhaustive. Nghia nous l'a bien rappelé. Mes préférés du moment: le mangoustan (Mang) et sa pulpe blanche cachée sous une écorce rouge foncé presque noir, les litchees et les petites bananes que l'on achète en régime. Quant au durian (Sâu Riêng) et son parfum si...euh, si spécial, il paraît que l'intensité de son odeur n'a d'égal que la saveur de sa chair...
Vietnamese fruitsVietnamese fruitsVietnamese fruitsVietnamese fruits

mercredi 22 juin 2011

Les fruits vietnamiens pour les nuls

Vietnamese fruitsCe matin, c'est l'été, en songeant au billet précédant, je suis retourné sur le marché de Tan My, juste pour le plaisir de vous faire découvrir les fruits de saison au Vietnam. C'est le meilleur moment pour découvrir toute la diversité de ces fruits dont certains sont introuvables en France (même dans le 13ème!). En ce moment c'est donc les litchees et les mangoustans qui nous régalent, alors que mangues, pamplemousses et bananes sont présents tout au long de l'année.


Vietnamese fruits

D'autres variétés comme les mangoustans ou les pommes cannelles sont plus typiques du Vietnam. Enfin il y a les très spéciaux comme le fruit de Jacquier et son cousin hors catégorie, le durian, que je n'ai pas encore réussi à goûter, alors que la plupart des vietnamiens en rafolent.

Petit quiz du maraîcher: Trouvez les noms des fruits numérotés de 1 à 7 et de A à D en français et en vietnamien SVP.

Vietnamese fruitsVietnamese fruitsVietnamese fruitsVietnamese fruits

Dernière question: Pourquoi n'ai-je pas réussi à goûter au durian, ce fruit à nul autre pareil, hérissé de pics, que l'on distingue au second plan de la photos en bas à gauche?

samedi 18 juin 2011

Retour à Hanoi

Hanoi's roofs
Sprint finalDe passage à Hanoi le temps d'assister au premier congrès de l'Association des Médecins Francophones du Vietnam, je ne résiste pas à vous (re)faire découvrir le charme suranné de ses ruelles où l'on croise les vendeurs ambulants en tout genre. Alors que le chapeau cônique et la bicyclette se font plutôt rare à Ho Chi Minh, ici on les croise à chaque coin de rue.

Fruits marketLes fruits de cette saison des pluies sont particulièrement succulents en ce moment: les "chum chum" reconnaissables à leur coquille rouge-orangé hérissée de poils, les mangoustans avec leur coque noire qui une fois ouverte laisse échapper un fruit d'une blancheur immaculée et à la saveur douce et parfumée. Enfin depuis quelques jours sont apparus les premiers lichees qui vont nous régaler pendant seulement quelques semaines. Dommage que je ne puisse pas vous faire partager le goût à la fois acide et doux avec ce parfum si subtil.

Legum's bikeFruits & Vegetable bike
En chemin je croise une bicyclette chargée de légumes multicolores, comme la composition d'une nature morte.
Vegetable bikeJe ne résiste pas à faire quelques clichés. Le propriétaire, un petit homme coiffé d'un casque "bo doï", voyant mon intérêt pour son chargement vient me réclamer 100.000 Dongs (environ 4€) pour avoir osé prendre sa bicyclette en photo. Il est vrai qu'elle est vraiment photogénique.


Mottes de beurre?Mottes de beurre?

Je continue mon chemin et un peu plus loin je me retrouve dans la rue des magasins de bricolage et autre mécanique. Une échoppe attire mon regard: il s'agit de petit monticules de couleurs différentes, telles des mottes de beurre teintées. En fait il s'agit de différentes variétés de graisses!
BallanciersFruits & Vegetable market

lundi 13 juin 2011

Un cri dans la nuit

Un cri dans la nuitLe quiz du jour (ou plutôt de la nuit) est un quiz auditif.
D'où vient ce râle rauque et répétitif que l'on discerne bien parmi les grillons et sauterelles?
La séquence a été tournée vers 23h à quelques mètres de l'hôpital franco-viet dans le district 7.
Attention, la réponse doit être la plus précise possible.
Alors tendez bien l'oreille et essayer de reconnaître celui qui se cache derrière ce cri si particulier.
Petit indice, il existe de nombreux points communs entre notre individu et les Mac Donalds.

dimanche 29 mai 2011

Still breathing ?

First Aid training Halliburton
Ceux qui ont goûté aux joies des formations aux gestes d'urgences se reconnaîtront peut-être dans ce petit film. C'était il y a un an à Vung Tau, l'ancien Cap Saint Jacques reconverti en base arrière pour les compagnies pétrolières off-shore. La société Halliburton, impliquée dans l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique quelques semaines auparavant, nous avait invité à former son personnel aux gestes d'urgence (First aid training). On comprend pourquoi: la catastrophe avait fait onze morts et des centaines de milliers de barils de brut déversés en pleine mer.
Off sfore Vung Tau
Au programme, la prise en charge d'une victime d'un accident, inconsciente, avec une fracture de la jambe droite. Je vous laisse juger de la prestation des sauveteurs (nombreux et locaces). Une certaine confusion règne autour de la victime car les sauveteurs ne semblent pas tous d'accord sur la respiration du blessé. Alors, à votre avis, "Still breathing" or not? Dans le premier cas il ne faut pas tarder à mettre la victime sur le côté avant qu'elle ne s'étouffe, dans le deuxième cas il faut tout de suite débuter des "chest compressions". Cruel dilemme...

mercredi 18 mai 2011

Save the Mekong

Mekong map 1Le Mékong fait partie de ces fleuves mythiques. Depuis son exploration par les français Doudart de Lagrée et Francis Garnier entre 1866 et 1868, qui y recherchaient une voie de pénétration vers la Chine, il n'a cessé attiser les convoitises. C'est qu'il a de l'allure avec ses 4500Kms de long, ses 6 pays qu'il traverse depuis sa source au Tibet jusqu'à son delta au Sud du Vietnam. On estime à près de 60 millions le nombre de personnes qui dépendent directement ou indirectement de ses ressources, qu'ils vivent de la pêche, de l'agriculture ou du tourisme.
Luang PrabangLuang PrabangSunrise on Tonlé Sap riverSunrise on Tonlé Sap riverChau DocSun Rise BassacFloating MarketFloating Market
Mekong map 3Mais le Mékong est en danger. Plusieurs barrages, notamment en Chine, ont déjà modifié le débit du fleuve et plusieurs projets hydroélectriques sont prévus au Laos, en Thailande et au Cambodge. Une commission internationale a été crée pour essayer de coordonner les différents projets, mais la Chine n'y fait pas partie et les intérêts économiques et politiques de chacun menacent toujours le fleuve. Des associations non gouvernementales essayent de tirer la sonnette d'alarme. Seront-elles entendues?


Pour en savoir plus, visitez le site de "Save the Mekong" avec une superbe galerie de photos ou consultez le site de la Mékong River Commission:

mardi 3 mai 2011

En mai, fait ce qu'il te plait

Vietnam à LorientAvant de faire un petit break d'une quinzaine de jours pour aller voir le monstre, je vous conseille d'aller faire un petit tour du côté de Lorient, à défaut d'aller du côté de l'Orient. La cité maritime va se rappeler à sa jeunesse et consacrer le mois de mai au Vietnam, grâce à des manifestations culturelles, scientifiques et associatives. Si vous ne savez pas où aller le week-end, allez à Lorient. Je suis sûr qu'il y aura des rouleaux de printemps (les bien nommés) à déguster. Vous y croiserez peut-être mon sosie.

Demandez le programme: http://lorientvietnam.com/

dimanche 1 mai 2011

Quel est le point commun entre ces personnalités?

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mardi 26 avril 2011

Bluetran's blog: la centième!

Bouddhas
Déjà 100 billets publiés sur le bluetran's blog depuis le premier, mis en ligne le 9 juillet 2009. A l'époque j'étais loin de me douter qu'un peu moins de deux ans plus tard, vous seriez entre 60 et 90 à venir consulter chaque jour les dernières pages de ce blog. Les premiers mois, le compteur plafonnait à une dizaine de connections quotidiennes.
Mais plus que le nombre d'articles, c'est bien le nombre de commentaires qui me fait vraiment plaisir: 461 déposés à ce jour! Si je fais abstraction de mes propres messages, cela doit faire à peu près 400, soit une moyenne de 4 par billet avec un record de 29 commentaires pour la leçon de vietnamien n°3, avec bien sûr toujours autant de pertinence, d'imagination et d'humour. Continuez!

Pour fêter l'évènement, je vous propose donc de rester dans la lignée des billets précédents consacrés aux moines bouddhistes.
BouddhasBouddhasBouddhasBouddhas
"Mudra" (terme qui signifie "signe" en sanscrit) sont les différentes attitudes du bouddha. Elles répondent à des règles strictes de représentation, édictées au 3ème siècle. Ces gestes et attitudes sacrés revêtent un caractère symbolique. Par exemple le bouddha assis en virasana ("en tailleur"), main droite reposant sur le genou droit et main gauche, paume tournée vers le haut reposant sur le pied droit. C'est le bouddha triomphateur des tentations ou bouddha Maravijaya: Mara lui envoya les plus belles filles pour le séduire et l'empêcher ainsi d'atteindre l'illumination et la délivrance (du désir). Sous le regard de bouddha, elle se changèrent en créatures hideuses...
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Un autre exemple avec cette représentation de bouddha debout, bras et mains tendues vers l'avant, doigts vers le haut. C'est "l'Abaya Mudra", symbolisant l'absence de crainte, la paix. Cette attitude est très représentée à Luang Prabang. Enfin cette autre représentation debout, bras pendant le long du corps dite du bouddha "appelant la pluie" ou encore "imperturbable".

Amis Brestois et Brestoises, adeptes du bouddhisme, c'est peut-être par votre attitude "imperturbable" que vous vous infligez ce foutu climat! Mais à choisir, je crois que je le préfère encore au bouddha Maravijaya...

mardi 19 avril 2011

Qui se cache derrière les traits de ce Bouddha?

L'inconnu démasqué
Né à Smyrne en Turquie (aujourd'hui Izmir) le 2 mai 1929.
Homme politque français devenu premier ministre lors de la deuxième cohabitation de 1993 à 1995. Candidat malheureux à l'élection présidentielle de 1995.
L'enquête au sujet de l'attentat de Karachi qui a couté la vie à des ouvriers de la DCN en 2002, a fait ressortir de l'ombre Edouard Balladur, accusé d'avoir financé sa campagne électorale de 1995, grâces aux rétro-commissions versées en marge d'un contrat de ventes de sous-marins au Pakistan.
http://fr.wikinews.org/wiki/Attenta...

Si on fait abstraction des oreilles et de la coiffure, avouez que la ressemblance est saisissante.

samedi 16 avril 2011

Like a rolling stone

Dylan concert HCMCe devait être l'évènement musical de l'année ici à Ho Chi Minh. Bob Dylan, la légende vivante du folk-rock américain des années 60, de passage au Vietnam pour un concert unique ce 10 Avril. On en faisait déjà un concert culte, lui qui, il y a 50 ans s'était fait le porte parole de la contestation contre la guerre du Vietnam, aux côtés de Joan Baez.
Dylan & BaezMais le Vietnam d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec ce qu'il était à cette époque et les Vietnamiens pour la plupart ne connaissent pas Dylan ni ses chansons. C'est donc essentiellement la communauté expatriée qui s'était donnée rendez-vous au RMIT stadium. Les stars Vietnamiennes du moment avaient fait le déplacement pour une première partie très "variété vietnamienne".
Dylan concert HCMPuis vint le moment tant attendu. Dylan, du haut de ses 70 printemps, a encore de beaux restes, et il a su s'entourer d'excellents musiciens. C'est un vrai professionnel, la n'est pas le problème. Le concert allait durer deux heures pendant lesquelles on aura pu écouter des morceaux mythiques comme "Highway 61 revisited" ou "Like a rolling stone". Mais la musique n'est pas tout dans un concert. Il faut un artiste, un public et alchimie entre les deux qui fait toute la différence. Malheureusement, ce soir là, Dylan avait oublier tout simplement de s'adresser à son public. Pas de bonjour ni au revoir, encore moins de discours enflammé contre la guerre -mais on en demandait pas tant-. Il est bien loin le temps où le jeune Dylan chantait le "protest song" le plus connu de la planète, Blowing in the wind:
How many years must a mountain exist / before it is washed to the sea? How many years can some people exist / Before they're allowed to be free? An' how many times can a man turn his head, / An' pretend that he just doesn't see? The answer, my friend, is blowin' in the wind, /The answer is blowin' in the wind.

A défaut de Blowing in the wind, voici un extrait de "Like a rolling stone" pris à une centaine de mètres de la scène avec ma petite caméra Zoom Q3. Tendez l'oreille et vous reconnaitrez la voie nasillarde de Dylan, qui a elle aussi un peu vieilli.

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