Tuol Sleng
Difficile d'imaginer derrière les murs de ce lycée entouré de palmiers, que l'endroit fut le pire centre de détention, de torture et d'extermination jamais conçu par les Khmer rouges, du temps de Pol Pot. Entre 1975 et 1978, on estime à près de 14.000 le nombre de personnes qui y séjournèrent. Seuls sept d'entre-eux parvinrent à échapper à la mort...
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Derrière ces chiffres, ce sont des hommes, des femmes et des enfants, de toutes conditions sociales, simple ouvriers, paysans ou intellectuels, professeurs, médecins, ou même cadres Khmer rouges tombés en disgrâce qui furent incarcérés à S21, le nom de code de ce "centre de sécurité".
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Aujourd'hui le centre est devenu un lieu de mémoire qui se visite, histoire de ne jamais oublier ce qui s'y est passé pendant les 3 années et 8 mois que durèrent le "Democratic Kampuchea". Plus que les murs des cellules, plus que les lits métalliques et les chaînes, ce sont ces centaines de photos d'hommes, de femmes et d'enfants qui vous font revivre l'horreur absolue que fut ce lieu. Appliquant une procédure cynique et morbide, toutes les victimes étaient minutieusement photographiées en gros plan avec un matricule dès leur arrivée au centre. Le photographe était alors un jeune adolescent. Nhem En est aujourd'hui un des rares à pouvoir témoigner, car la plupart les victimes passèrent par l'objectif de son appareil photo.
Tuol SlengQuant au directeur de S21, un certain "Dutch", ancien professeur de mathématique, il se rangea très tôt aux côtés des Khmer rouges. Peu avant la prise du pouvoir par Pol Pot, il captura puis relâcha François Bizot, un ethnologue Français qui travaillait alors au Cambodge pour l'Ecole Française d'Extrême Orient. L'histoire de sa capture et de sa détention est racontée dans un livre poignant, intitulé "Le portail", et qui montre assez bien comment un être intelligent et sensible peut basculer dans l'horreur la plus absolue.
Dutch a été condamné en juillet dernier à 35 ans de détention par le tribunal du génocide Cambodgien. François Bizot n'a pas été autorisé à venir témoigner lors de son procès.