Bien Hoa
Le village de Biên Hòa était autrefois une bourgade située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Saïgon. C'est de nos jours une zone urbaine qui ne se différencie de la mégalopole que par le franchissement du fleuve Đồng Nai qui a donné son nom à la province. Aujourd'hui j'y ai rendez-vous avec mon cousin Nghia pour une visite de la maison familiale et du tombeau des ancêtres. C'est comme cela que l'on nomme les membres de la famille décédés.
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Dans les croyances vietnamiennes, l'âme du défunt survit après sa mort et protège sa descendance. Il est donc de la plus haute importance de vénérer les ancêtres. Cela prend la forme d'un véritable culte qui répond à un rituel bien établi. Régulièrement, on vient déposer des offrandes sur leurs tombeaux. Cela va des traditionnels fruits vietnamiens, jusqu'aux biscuits en tout genre (galettes de Pont Aven pour l'occasion). On peut même offrir une petite coupe de vin.
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Je me rappelle que lors de ma première visite en 1988, j'avais ramené une bonne bouteille de Saint-Emilion millésimé qui avait fini en plein soleil à près de 40 degrés! Pour les grandes occasions, on tue un cochon de lait qui est ensuite laqué et amené entier. La cérémonie se déroule au milieu des parfums de l'encens que l'on fait brûler sous forme de longues baguettes.
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Puis tout le monde se retire pour se prosterner une dernière fois devant l'autel des ancêtres situé dans la maison. L'autel se situe dans la pénombre, à l'arrière de la pièce principale qui ne sert que pour les grandes occasions. On y trouve les photos des ancêtres retouchées et peintes à la main (avant l'ère de la couleur et de Photoshop...), des caligraphes gravés dans le bois.
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Petit retour en arrière pour vous présenter mes ancêtres. Le personnage central est mon grand-père paternel.
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C'est lui dont le portrait trône au centre, entouré des ses deux épouses. La première à sa gauche (à droite sur la photo) qui décèdera de la peste dans la région de Phan Thiet, vers 1910 après lui avoir donné 6 enfants, la deuxième à sa droite, qui lui donnera 6 autres enfants dont mon père, l'avant dernier. Le grand père est un lettré rentré dans l'administration coloniale comme receveur des postes. Il effectuera toute sa carrière comme directeur de différents bureaux de poste allant de Hué à Phan Thiet, Ha Tien, Saigon et enfin Bien Hoa. C'est là qu'il finira sa carrière.
Grand PèreIl décèdera en 1942, deux ans après sa deuxième épouse (ma grand mère). Petite anecdote qui en dit long sur la rigueur de l'état civil de l'époque: son patronyme originel n'est pas Trần mais bien Lê. Tous les enfants nés du premier mariage sont des Lê. Ceux qui naîtront après le remariage portent tous le nom Trần. L'explication de ce changement est un peu floue et mériterait plus de recherche. J'espère que je ne vais pas devoir renommer ce blog: bluelê's blog in Vietnam?