Mam tom
Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en vous révélant mes dernières errances du week end. Cela faisait un moment que j'attendais une nouvelle expérience culinaire. Elle s'est finalement présentée ce dimanche grâce ou plutôt à cause d'Ernest, un compagnon de classe de Vietnamien.

An Thit ChoMarié à une Hanoïaise, ce Suisso-vénézuellien est un habitué du "northern life style". Moi qui malgré mes nombreux séjours à Hanoi avais toujours échappé jusqu'alors à cette épreuve redoutable, me voilà en route vers un quartier populaire du nord de Saigon appelé Tân Bình. C'est là, au numéro 33 de la rue Hoàng Hoa Thám que je retrouve Ernest et son Oncle.

An Thit ChoL'échoppe ressemble à s'y méprendre à n'importe quel autre restaurant de rue: Une pièce unique toute en longueur, ouverte sur la rue, avec quelques tables basses où l'on prend place à même le sol. A l'entrée, une petite vitrine derrière laquelle on peut voir des morceaux de viande entassés. A première vue, rien ne distingue ce "Quán ăn" d'un autre.

An Thit ChoPourtant, à y regarder de plus près, ces os et cette viande ne ressemblent pas à du boeuf ou à du porc, ni même à du mouton. Autre détail, il y a là quelques chats qui déambulent tranquillement mais pas un seul chien. Et pour cause, le Quán Hai Mo est un restaurant un peu particulier spécialisé dans le "thịt chó", la viande de chien! Très prisée des Hanoiais, cette viande fait le bonheur de la communauté nordiste de Saigon qui se retrouve tous les dimanches dans ces quelques petits restaurants.

An Thit ChoDifférents plats vont se succéder, allant de la simple viande froide trempée dans une sauce rosâtre à l'odeur très particulière (pour ne pas dire autre chose): le mắm tôm, sorte de décoction à base de jus de crevettes macérées. Viennent ensuite un ragoût de style "Chien Bourguignon" puis une espèce de saucisse mi-boudin mi-chorizzo. Pour arroser le tout, rien de tel qu'un verre (plusieurs) de Vodka de riz dont les 40° viendront opportunément rincer la bouche et chasser les résidus de mắm tôm.

Voilà, il est l'heure de se séparer. Je remercie mes compagnons pour cette expérience unique et je retourne chez moi en pensant à mes intestins qui vont devoir endurer une deuxième épreuve: la digestion. Finalement rien ne s'est passé et je dois même reconnaître à la thịt chó, une certaine saveur, assez proche du boeuf mais avec un petit côté "gibier".

A la fin du repas, il restait tout de même quelques morceaux de thịt chó que nous n'avions pas pu terminer. Je n'ai pas osé demander un "doggy bag"...