Sau Rieng
Il y a quelques mois, je vous avais parlé de l'incroyable richesse des fruits du Vietnam. A l'époque, je m'étais bien gardé de vous parler du "roi" des fruits Vietnamiens, le durian. Celui-ci mérite en effet un petit article à lui tout seul. En vietnamien, Durian se dit sầu riêng, qui se prononce un peu comme "ça ou rien" en roulant le "R" à la mode russe. Nombres de Vietnamiens considèrent en effet ce fruit insolite comme le meilleur des fruits.
Sau Rieng
Il faut dire qu'il a de l'allure avec sa coque hérissée de piquants, tel un gros hérisson. De manière moins poétique, il est parfois comparé au virus HIV. Coté goût, je dois me fier à ce qu'en disent mes collègues qui le trouvent succulent.
Durian
En effet, je n'ai pas encore réussi à franchir le pas tant l'odeur qu'il dégage m'a toujours rebuté. Cette fragrance est en effet particulièrement évocatrice. Elle a largement contribué à façonner la légende du durian, mais elle en a fait aussi un fruit maudit, interdit dans les avions et certains hôtels en asie, comme en témoigne cette photo prise au Summit Park View à Yangon.
Durian forbiden

A défaut de pouvoir vous faire partager son odeur, je m'en remet à Léon Werth journaliste écrivain qui en 1926 lui consacre un court paragraphe dans son livre "Cochinchine":
Le Dourian ressemble à un petit jaquier. Imaginez l'enveloppe à piquants d'un marron d'Inde, contenant un fruit gros comme un melon. Mais le durian est un fruit difficile, un fruit auquel on n'accède point du premier coup. Son odeur, pour la désigner, il suffit de n'oser point la nommer. Oui...c'est bien de cela que cela sent. Qyand on passe devant un étalage de dourians, cette odeur vous poursuit et elle prête à une déplorable confusion. Au g.oût, cela rappelle le camembert d'abord, un camembert sucré.

Autre description encore plus imagée d'Anthony Bourdain qui évoque son expérience après avoir goûté au durian:
Votre haleine ressemblera à celle que vous auriez si vous aviez embrassé intensément votre grand-mère morte depuis des lustres.

C'est promis, je ne quitterai pas le Vietnam sans avoir goûté au "roi des fruits".