Dong Khê
Nous sommes donc arrivés à Dong Khê, ville située à mi-chemin entre Lang Son et Cao Bang. A peine arrivée en soirée dans cette vallée paisible entourée de collines que l'on trouve un petit hôtel en bordure de route, un peu à l'extérieur de la ville. A 500 mètres de là, on escalade un promontoire qui servait de poste de vigie pour le corps expéditionnaire français. Dong Khê était alors un des postes militaires s'étirant le long de la RC4, chargé de surveiller les mouvements de troupe Viêt Minh. Lors de la retraite de Lang Son en 1950, Dong Khê devait servir de base arrière à la colonne Charton mais celle-ci n'y parviendra jamais. En effet, à partir de septembre, la ville est reprise par le Viêt Minh qui ne la lâchera plus. La colonne Lepage, venue à la rescousse s'y cassera les dents et sera mise en déroute à quelques kilomètres à l'ouest, au lieu-dit Coc Xa, sorte d'entonnoir minéral et végétal où les militaires du corps expéditionnaire seront littéralement anéantis par les assauts Viêts.
Dong Khê
Au sommet de cette butte, on surprend un homme d'une quarantaine d'année en tenue de camouflage. On sympathise en se remémorant les faits d'armes d'antan. Lui se souvient surtout de la guerre éclair avec la Chine qui sévit ici en février-mars 1979. A peine 4 ans après la fin de la guerre "du Vietnam", les hostilités reprirent entre les "frères ennemis" lorsque la Chine envahit le nord Vietnam sur une bande d'une centaine de kilomètres pour le punir d'avoir chassé les Khmers Rouges du Cambodge, mettant fin à 4 années de génocide. Cette guerre oubliée de nos jours fit pourtant des dizaines de milliers de victimes de part et d'autre. Vestige de cet épisode tragique, le cimetière militaire de Dong Khê avec une centaines de tombes de soldats inconnus.